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11 mai 2006

   

Université Laval

L'économie du savoir bien implantée à Québec

L'Université Laval a contribué fortement à cette poussée qui vient de faire l'objet d'une étude approfondie par des étudiants du Laboratoire d'aménagement et de développement

par Yvon Larose

Pour améliorer la compétitivité de ses entreprises, le Parc technologique du Québec métropolitain (PTQM) devrait, entre autres, implanter un centre de recherche appliquée et de transferts technologiques par secteur d'activité, diversifier les moyens de financement de la recherche-développement, et améliorer la transition entre la phase de développement et la phase d'expansion des entreprises. Ces recommandations ont été faites le vendredi 28 avril à l'École d'architecture, lors de la présentation des résultats finaux de travaux de recherche réalisés aux sessions d'automne et d'hiver par vingt-cinq étudiantes et étudiants inscrits au Laboratoire d'aménagement et de développement. Cette année, six projets de recherche ont été menés sur la nouvelle ville de Québec dans le cadre de cette activité de formation pratique de niveau maîtrise de six crédits de l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD). Deux projets étaient axés sur le développement d'une économie du savoir. Le second projet de cette thématique portait sur le Centre national des nouvelles technologies de Québec (CNNTQ). Les jeunes chercheurs recommandent au Centre notamment de stimuler le réseautage de proximité et la création de liens d'affaires à l'intérieur du quartier Saint-Roch, d'établir des relations entre les institutions d'enseignement et les entrepreneurs, et d'informer les entreprises des programmes d'aide à la commercialisation et à l'exportation.

"Avec les années, une économie du savoir s'est solidement implantée dans la région de Québec et on voit difficilement comment elle pourrait disparaître, ce qui ne signifie pas, par contre, qu'elle n'a plus besoin d'être supportée et consolidée", souligne le professeur Mario Carrier, directeur de l'ÉSAD et superviseur des deux projets sur l'économie du savoir. Selon lui, ce type d'économie est très actuel en termes de diversification économique pour une région comme Québec. "Le Parc et le CNNTQ sont deux pôles en assez bonne santé qui emploient chacun quelques milliers de travailleurs, ajoute-t-il. La plupart des entreprises visitées par les étudiants sont en croissance. Et elles oeuvrent dans des secteurs d'avenir à fort potentiel d'exportation."

Un parc technologique digne de ce nom
Gilles Gagnon, Jeanot Guay-Fleurent, Daniel Leclerc et David Poirier se sont penchés sur le Parc technologique. Cet organisme a vu le jour en 1988, entre autres grâce aux efforts de l'ancien recteur de l'Université Laval, Jean-Guy Paquet. Par la suite, des liens étroits se sont tissés entre Laval et le PTQM. Le Parc héberge 90 entreprises et organismes qui emploient plus de 3 000 personnes. Les principaux secteurs d'activité sont l'optique-photonique, les biotechnologies et les nouveaux matériaux. À partir d'un échantillon de 24 entreprises, les étudiants ont constaté notamment qu'une majorité d'entre elles ont été créées depuis 1990 et que 20 avaient un chiffre d'affaires inférieur à 5 millions de dollars en 2004. En outre, 84 % des dirigeants sont âgés entre 40 et 59 ans et la moitié ont un niveau de scolarité universitaire de cycle supérieur. On a également observé que la moitié des entreprises étudiées ont moins de 20 employés, que 16 d'entre elles ont des activités de recherche-développement, que le tiers consacrent plus de 40 % de leur chiffre d'affaires à la R et D, et que le manque de ressources financières et le manque de main-d'uvre qualifiée constituent les principaux facteurs qui ralentissent l'innovation dans ces entreprises. Enfin, 15 de ces sociétés ont des liens avec les centres de recherche ou les institutions. Et que les marchés d'importance de ces compagnies se trouvent pour près des trois quarts à l'extérieur du Québec.

"Le secteur de l'optique-photonique connaît la croissance la plus intéressante parce qu'on a mis en place la structure idéale pour la performance de la technologie de pointe, indique Mario Carrier. On a un bon noyau de recherche fondamentale à l'Université Laval. Et l'Institut national d'optique, dans le Parc, constitue un très bon lien entre l'Université et le secteur manufacturier. À l'extérieur du Parc, plusieurs entreprises du secteur en profitent."

Un quartier tourné vers le futur
L'équipe formée d'Isabelle Huard, Kathy Lévesque, Mathieu Roy et Marylène Thibault s'est penchée sur le CNNTQ. Le Centre a vu le jour au début des années 2000 suite au développement d'un pôle du multimédia et des technologies de l'information dans le quartier Saint-Roch. L'échantillon étudié comprenait 40 des 73 entreprises recensées à l'intérieur du périmètre du CNNTQ. Les entreprises étudiées emploient plus de 3 000 personnes. Elles ont choisi le quartier Saint-Roch principalement pour les avantages fiscaux et la qualité des installations. Un peu plus du tiers exportent leur production. Ces sociétés consacrent un peu plus du cinquième de leur chiffre d'affaires à la R et D. La main-d'uvre constitue le principal facteur ayant une influence sur la capacité des entreprises à innover. En moyenne, les entreprises de l'échantillon entretiennent deux fois plus de liens avec leurs clients, concurrents, fournisseurs et sous-traitants qu'avec les institutions d'enseignement et les centres de recherche. Enfin, 80 % des sociétés fortement exportatrices n'entretiennent aucun lien avec les établissements de leur secteur d'activité.
"Une partie de ces caractéristiques diffèrent de celles du Parc technologique, explique Mario Carrier. Par exemple, l'effort en R et D est moins considérable au CNNTQ sans doute parce qu'en multimédia et en technologies de l'information, la recherche-développement relève plus souvent de l'amélioration de ce qui existe déjà. Aussi, probablement, parce qu'il n'y a pas dans la région d'infrastructure de recherche suffisamment développée dans ces secteurs pour venir supporter les entreprises."