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11 mai 2006

   

Université Laval

Des ponts avec le milieu

Durant deux sessions, les étudiants du Laboratoire de recherche sociologie ont mené des enquêtes de qualité professionnelle en lien avec des problématiques réelles

par Yvon Larose

Sur Internet, les jeunes de 12 à 17 ans ne forment pas de nouveaux liens ou de nouveaux réseaux sociaux. Ils se contentent plutôt de renforcer et de maintenir les liens et réseaux qu'ils ont déjà établis dans la vie de tous les jours. C'est la principale conclusion à laquelle est arrivée Julie Fortin, étudiante de premier cycle en sociologie, à la suite d'une étude réalisée à l'automne et à l'hiver dans le cadre du cours Laboratoire de recherche en sociologie. Son mandat lui venait du Centre francophone d'informatisation des organisations. Elle devait étudier la manière dont les 12 à 17 ans utilisent les moyens de communication en ligne comme les courriels, la messagerie instantanée, les sites de clavardage et les jeux en réseau. Son échantillonnage comprenait 35 élèves d'écoles secondaires de la rive nord et de la rive sud de Québec.

"Les contacts et amitiés sur Internet sont principalement entretenus par des courriels et l'usage de la messagerie instantanée", a expliqué Julie Fortin, le jeudi 27 avril au pavillon La Laurentienne, dans le cadre d'une cérémonie de remise des rapports d'enquête du Laboratoire. "La messagerie, a-t-elle ajouté, est pour tous les répondants le moyen de communication virtuel par excellence puisqu'il offre la possibilité de "converser" en temps réel. Les jeunes disent qu'ils "parlent" en ligne." Selon les répondants, l'absence de contact visuel représente le principal désavantage à communiquer par Internet. Cette situation entraîne souvent une mauvaise interprétation des propos de l'autre. Il s'agit aussi de la principale raison pour laquelle les jeunes ne clavardent pas avec des inconnus. Les adolescents internautes croient avoir un échange plus direct et plus privé avec le courriel et la messagerie instantanée qu'avec le téléphone où, selon eux, la conversation peut être entendue. Le quart des répondants disent être soumis à des règles d'utilisation imposées par leurs parents. Enfin, davantage de filles que de garçons communiquent au moyen d'Internet.

L'équivalent d'un mémoire de maîtrise
Le cours Laboratoire de recherche en sociologie a été lancé en 1982. Cette formule originale, qui fait le pont entre le milieu universitaire et la communauté, est plutôt unique au Canada. Le cours offre 12 crédits et s'échelonne sur 2 sessions. Il a comme particularité de permettre aux étudiants de réaliser une étude de qualité professionnelle, selon les normes du marché du travail, à partir de commandes fermes provenant d'organismes publics et d'organismes privés sans but lucratif. "Les étudiants sont dans un contexte professionnel", explique Andrée Fortin, professeure au Département de sociologie et coresponsable du Laboratoire avec le chargé de cours Dominique Morin. "Ils remplissent une commande de l'extérieur de l'Université, ils ont des délais de production serrés et ils doivent répondre à des exigences de forme et de fond." Selon elle, les étudiants ont dû travailler fort et se responsabiliser. Et la plupart ont fait une véritable démarche de sociologues. "Il est déjà remarquable qu'un étudiant qui connaît peu ou pas le sujet sur lequel il va faire une recherche en arrive à très bien décrire un phénomène de société, indique Andrée Fortin. Or, cette année, ils ont non seulement décrit mais expliqué. Ils ont atteint l'étape de l'analyse. Leurs recherches sont l'équivalent d'un mémoire de maîtrise."

Les étudiants inscrits au cours ont mené un total de 12 enquêtes sur des sujets aussi variés que l'endettement des étudiants inscrits au doctorat en médecine à l'Université, la discrimination à l'embauche à l'égard des membres des minorités visibles et audibles dans le secteur tertiaire de la région métropolitaine de Québec, et les mutations, depuis 1975, du Comité des citoyens du Vieux-Québec. D'autres enquêtes portaient notamment sur le profil et les motifs d'engagement des membres de la Ligue des droits et libertés, section de Québec, sur l'analyse des changements dans l'organisation du travail des agents de paix en services correctionnels, et sur les représentations sociales que les agents de pastorale en milieu paroissial ont de leur ministère.