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11 mai 2006

   

Université Laval

Vers un campus sans boucane

À compter du 31 mai, il sera interdit de fumer à moins de neuf mètres de l'entrée de tous les bâtiments de la cité universitaire

par Yvon Larose

Les cendriers métalliques fixes que l'on trouve près des entrées des différents édifices du campus ne seront bientôt plus qu'un souvenir. À compter du 31 mai, la loi modifiant la Loi sur le tabac entrera en vigueur sur l'ensemble du territoire québécois. Cette nouvelle législation avait été adoptée en juin 2005 par l'Assemblée nationale du Québec. Elle prévoit, en premier lieu, l'interdiction de fumer dans un rayon de neuf mètres de toute porte extérieure des édifices se trouvant sur les terrains d'établissements comme les universités et les cégeps. Sont également visés par l'interdiction les couloirs souterrains donnant accès aux bâtiments, les stationnements intérieurs, les tentes et chapiteaux, les véhicules appartenant aux établissements ainsi que les terrasses. La nouvelle législation s'applique également aux édifices sous la juridiction des universités et cégeps situés en dehors des campus, ce qui signifie que l'École d'architecture et l'École des arts visuels seront assujetties à la nouvelle loi.

"L'Université Laval avait déjà un règlement sur l'usage du tabac qui allait plus loin que la loi existante, explique Sylvain Allaire, directeur adjoint au Service des ressources humaines, secteur santé et sécurité du travail. Cette fois, l'Université se conformera aux critères d'une loi plus sévère." Selon lui, le rayon de neuf mètres permettra de résoudre une problématique réelle, celle de la réinsertion de la fumée secondaire dans certains bâtiments. "Il se fait actuellement, et selon la direction des vents, une réinsertion de fumée directement à l'intérieur des bâtiments qui sont ventilés mécaniquement, soit la majorité des édifices du campus", dit-il.

À Laval, le Service des immeubles, le Service de sécurité et de prévention, et le Secteur santé et sécurité du travail veilleront conjointement à l'application de la nouvelle loi. Ces trois entités s'assureront qu'il ne se fera plus aucune vente, promotion ou annonce des produits du tabac sur le campus. Il ne sera d'ailleurs plus possible d'accepter de commandites associées aux produits du tabac.

Les contrevenants seront passibles d'amendes variant de 100 $ à 300 $ pour une première infraction, et de 200 $ à 600 $ pour une seconde infraction. En cas de récidives supplémentaires, des constats d'infraction seront émis aux contrevenants par des inspecteurs du tabac du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Au cours de l'été, une analyse sera effectuée pour déterminer l'emplacement de "points fumeurs" extérieurs et les aménager. Ils pourront être installés dans des endroits du campus considérés comme stratégiques. "L'Université n'a aucune obligation légale à aménager de telles installations, car la loi ne contient aucune disposition en ce sens, souligne Sylvain Allaire. Il n'y aura pas d'aménagements physiques comme tels. Nous examinerons les possibilités de replacer les cendriers ailleurs tout en respectant les modalités de la loi. Nous allons tenir compte de la configuration des lieux, de l'architecture de certains bâtiments, de la proximité des entrées de ventilation et autres. L'architecture existante des bâtiments pourrait servir à abriter les fumeurs."
Une campagne d'information et de soutien sera lancée dans les prochaines semaines. Elle sera reprise à la rentrée d'automne.