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11 mai 2006

   

Université Laval

Pour tous les appétits

Les finissants du baccalauréat en arts plastiques tiennent buffet ouvert à l'École des arts visuels

par Pascale Guéricolas

Des photos, des vidéos, de la sculpture, des installations et même de la peinture figurative, voilà ce que présente jusqu'au 21 mai l'exposition "En vrac" des finissants du baccalauréat en arts plastiques, à l'École des arts visuels. Il s'agit d'une occasion unique de prendre le pouls de la création d'aujourd'hui et de découvrir l'art sous l'éclairage d'une lampe frontale lors d'une visite nocturne le 19 mai prochain.

Par définition éclectique et diverse, cette exposition des oeuvres des 44 finissants ressemble à un vaste buffet ouvert à tous les appétits. Même si chacun, chacune cultive son propre style, des liens unissent plusieurs des oeuvres. L'intérêt pour le temps qui passe et les traces qu'il dépose dans l'espace ressort par exemple dans plusieurs créations, notamment dans l'installation de Guillaume Tardif. Collectionneur dans l'âme, cet étudiant, d'abord formé en design industriel, s'est découvert une passion pour les pièces de métal tombant des systèmes d'échappement automobiles qu'il ramasse au hasard de ses ballades urbaines. "Souvent, les voitures les aplatissent en roulant dessus dans la rue, et cela devient des fragments de visage comme des masques bruts martelés à l'enclume", raconte-t-il. Parfois, il filme les transformations de ces plaques de métal, et les différentes étapes de production finissent par se télescoper dans le temps.

Le passage du temps intéresse aussi Julie Dutil dont l'installation raconte les 36 longues journées à cheminer sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, comme tant d'autres pèlerins. Au mur, elle a suspendu les bâtons en bois et en plâtre sur lesquels figure le kilométrage qu'elle a parcouru quotidiennement. "Cela finit par former une série, une peinture abstraite et rythmique", explique-t-elle. La passion de Sarah Bertrand pour la manière dont le temps brouille les perceptions s'exprime pour sa part par un curieux chassé-croisé entre projection d'images fixes et animées sur une porte et deux fenêtres. Brièvement, des fragments de portraits célèbres de l'histoire de l'art à différentes époques, ainsi qu'un personnage animé, surgissent sur ces supports de verre dessiné. "C'est une rencontre, un questionnement autour du portrait, car seul le visage est net alors que l'ensemble du corps est flou, comme si le temps avait gommé le reste", note la finissante.

Les créations de Valérie Desmarais participent aussi du brouillage des genres. Cette finissante s'appuie sur la technologie numérique pour mieux revenir à un mode d'impression artisanal: la sérigraphie. Ses photos mettent en scène une femme qui semble dessiner son corps, puis le coudre, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'une action véritable ou d'une fiction. "Je m'intéresse à la relation conflictuelle que nous entretenons avec nos corps, affirme la jeune femme, car on souhaite souvent avoir les cheveux de l'une, le nez de l'autre. Le numérique amène une autre perception de la réalité tout comme la sérigraphie qui donne l'effet d'une peinture avec ses couches de couleurs." Plusieurs des oeuvres des finissants s'inspirent de l'estampe, et la figuration semble effectuer un retour depuis quelques années. Exceptionnellement courte pour cette édition 2006, l'exposition se prolonge sur le Web: les étudiants lancent un site regroupant leurs créations à l'adresse www.arts.arv.ulaval.ca. Le 19 mai, plusieurs groupes de musique se donnent rendez-vous à l'édifice de la Fabrique pour une soirée bien particulière, dès 19 h. Le public aura le privilège de parcourir l'exposition équipé d'une lampe frontale afin de scruter les oeuvres sous un angle inusité.

Ce même soir, des finissants du baccalauréat en arts plastiques vont recevoir des bourses, notamment celle de l'Animation socioculturelle de l'Université, les bourses Line-Ouellet et Claude-Belzile, pour la réalisation d'un projet d'art Web, celle du centre d'artistes La chambre blanche, les bourses Louis-Garneau, Yaflo, René-Richard et La Vigie, en peinture et en sculpture, ainsi que le Prix du Conseil des arts textiles. Certains diplômés vont aussi se voir offrir une résidence d'artiste chez Avatar, un centre d'artistes spécialisé en arts sonores et électroniques, une exposition solo à la galerie du centre d'artistes il de poisson ou encore l'accès aux équipements d'Engramme, spécialisé dans l'art de l'estampe.