Au fil des événements
 

16 mars 2006

   

Université Laval

En attendant la grippe

La couvée 2006 des étudiants à la maîtrise en arts visuels s'est exercée à la mise en marché

par Pascale Guéricolas

La douzaine d'étudiants à la maîtrise ont décidé de frapper un grand coup pour l'exposition collective qui lance chaque année les expositions individuelles de leurs oeuvres s'échelonnant jusqu'à l'été. Tous et toutes ont revêtu successivement un même costume de poulet lors d'une séance de photo unique. Ces portraits plus grands que nature, aux couleurs du printemps, constituent le menu principal de la neuvième édition de l'événement Mars de la maîtrise alors que, traditionnellement, il s'agissait de regrouper les oeuvres de chacun. "Nous redoutions le côté très hétéroclite de ce type de présentation pour 12 artistes aux pratiques très différentes", raconte Richard Cloutier. "On cherchait une façon de regrouper tout le monde, mais aussi de nous faire connaître comme individus," renchérit Emmanuelle Breton.

Il leur a suffi de quelques réunions pour se mettre d'accord sur ce projet collectif aux allures de poulailler ordonné. Après avoir jonglé avec l'idée de se mettre en scène dans leur atelier, les 12 étudiants ont choisi d'endosser un costume commun puis voté majoritairement pour le poulet déplumé. "Il faut préciser quand même que celui de l'éléphant est arrivé en deuxième position, indique Daniel Brault, un sourire dans la voix. On aimait bien l'aspect un peu désabusé de la mascotte, un peu fatiguée comme nous-mêmes à la fin de la maîtrise. Il me semble aussi que la mascotte a un côté festif dans une foule." "Cela traduit bien l'esprit de notre groupe depuis le début de la maîtrise, car l'humour y joue un grand rôle", glisse Emmanuelle Breton. Tous et toutes se sont pliés à une même séance de photos et à des conditions d'éclairages similaires. Par contre, liberté était laissée à chacun de s'exprimer à sa façon une fois dans les plumes du volatile.

Natures de poulet
Les portraits de quelque cinq pieds par quatre illustrent bien cette diversité aviaire. Jouant de sa forte carrure, Daniel Brault joue au roi de la basse-cour, tandis que Jérôme Bourque exhibe son torse, que Pierrette Richer s'interroge, que Julie Pichette, une véritable danseuse, s'envole ou qu'Annie Pelletier témoigne de son intérêt pour l'accumulation d'objets en poulette ramasseuse. Ces 12 variations sur un même thème ont également permis la production d'un calendrier illustré des portraits d'étudiants-poulets avec douze mois de mars aux jours très authentiques en guise de catalogue d'exposition. En l'achetant, les visiteurs sauront tout de ce mois-là jusqu'en 2016.

"Sous des dehors loufoques, c'est un projet très intéressant à réaliser, souligne Richard Cloutier. Il s'agit d'abord d'un bon exercice de démocratie pour se mettre d'accord. Cela nous a également appris la mise en marché comme nous aurons à le faire dans nos vies d'artistes dans quelques mois." "Sans compter que nous avons pu mettre nos forces à la disposition des autres, ajoute Virginie Belhumeur. L'un pouvait installer les éclairages pour la séance de photos, l'autre s'occupait des impressions numériques." Un partage de services qui pourrait se poursuivre une fois leur diplôme de maîtrise en poche. C'est souvent lorsque l'artiste se trouve isolé dans sa création en atelier qu'il apprécie de pouvoir partager ses interrogations avec d'autres collègues, comme le souligne Daniel Brault.

La Galerie des arts visuels est ouverte du mercredi au vendredi de 11 h 30 à 16 h 30 ainsi que le samedi et le dimanche de 15 h à 17 h. Elle est située dans l'édifice de la Fabrique au 255 boulevard Charest Est. L'exposition "Jaune poulet" y est présentée jusqu'au 2 avril.