Au fil des événements
 

16 mars 2006

   

Université Laval

La prime de l'urne

Guillaume Boivin a fait le tour du Québec comme membre de la Commission spéciale sur la Loi électorale

par Renée Larochelle

Détenteur d'un baccalauréat en histoire, Guillaume Boivin termine actuellement sa maîtrise en science politique. S'intéressant à la politique depuis sa prime adolescence, membre actif du nouveau parti politique souverainiste de gauche Québec solidaire, Guillaume Boivin n'a pas hésité une seconde à poser sa candidature lorsqu'il a su, en septembre, que l'Assemblée nationale souhaitait mettre sur pied un comité citoyen, dans le cadre de la Commission spéciale sur la Loi électorale créée au début de l'été. Le hasard a voulu qu'il soit choisi parmi les quelque 2 300 personnes ayant manifesté leur intérêt à faire partie de ce comité. Avec les sept autres membres composant ce comité, Guillaume Boivin a effectué une tournée de consultations à travers 16 villes du Québec. But de l'opération: prendre le pouls de la population quant au projet de réforme du système électoral et faire des recommandations aux responsables de l'avant-projet de loi.

"Ce qui est certain, c'est que les gens veulent un changement, affirme Guillaume Boivin. Le mode de scrutin majoritaire à un tour qui nous a été imposé par les colonies britanniques en 1791 ne correspond plus à la réalité. Il y a des lustres que la carte électorale du Québec n'a pas été révisée, avec le résultat que les partis qui recueillent le pourcentage de votes le plus élevé ne sont pas toujours ceux qui obtiennent le plus grand nombre de sièges. Un des objectifs poursuivis par le nouveau mode de scrutin est justement la correction des distorsions entre les votes recueillis par chaque parti et leur représentation à l'Assemblée nationale."

Apprendre en écoutant

L'avant-projet de loi remplaçant la Loi électorale propose la mise en place d'un mode de scrutin proportionnel mixte. Au lieu des 125 comptés actuels, la carte électorale comprendrait 77 circonscriptions et environ 25 districts. Ces nouvelles circonscriptions seraient établies sur la base du nombre de personnes y résidant et non plus sur celle du nombre d'électeurs inscrits sur la liste électorale permanente. "Les gens vivant dans des comtés peu peuplés se montrent réfractaires à cet aspect de la réforme qui viendrait, selon eux, abaisser leur poids politique, constate Guillaume Boivin. Par exemple, dans un immense comté comme celui de Duplessis où ils sont peu nombreux, les électeurs s'opposent à ce que le facteur démographique soit le seul à compter dans la balance."

Au-delà des préoccupations reliées au changement de mode scrutin, Guillaume Boivin souligne que les personnes vivant dans des régions comme l'Abitibi-Témiscamingue ou la Côte-Nord se sentent coupées du reste du Québec et ont l'impression très nette de ne pas participer aux décisions politiques les concernant. Pour cette raison, avoir accès à leur député est très important, beaucoup plus que pour les individus vivant en milieu urbain. "On apprend énormément en écoutant des gens qui n'ont pas souvent l'occasion de faire valoir leur points de vue comme citoyens, dit Guillaume Boivin. Je souhaite de tout cur que ce genre d'expérience s'ouvre sur une plus grande participation des citoyens aux grands débats de notre société."