Au fil des événements
 

2 février 2006

   

Université Laval

Un hiver sur les planches

Sept productions de calibre au nouveau programme de la troupe de théâtre Les Treize

par Pascale Guéricolas

Robert Gravel, Jean-Pierre Ronfard, Jacques Prévert, William Shakespeare, voici quelques-uns des auteurs d'ici et d'ailleurs qui composent le menu hivernal de la troupe de théâtre Les Treize. Pas moins de sept productions prendront l'affiche de février à fin avril. Bien calés dans leur siège, les spectateurs voyageront par la magie du théâtre vers l'époque médiévale, le Paris du 19e siècle, la campagne tunisienne, le bois québécois ou une résidence pour personnes âgées bien d'aujourd'hui.

La saison démarre en lion avec Les enfants du Paradis, le chef-d'oeuvre du poète français Jacques Prévert, présenté du 16 au 19 février. En 1828, à Paris, sur le boulevard du crime, Garance, une jeune femme mystérieuse et séduisante se trouve au cur d'intrigues amoureuses. Deux de ses soupirants commencent leur carrière au Théâtre des Funambules. Brusquement, l'objet de leur flamme disparaît pour réapparaître quelques années plus tard et provoquer bien des bouleversements. Rémi Saint-Michel, un passionné de ce drame romantique depuis plusieurs années, fera la mise en scène d'un texte qui montre bien que l'amour et l'argent mènent le monde.

Autre grand classique, Le songe d'une nuit d'été, de William Shakespeare, du 2 au 5 mars. Un classique que la metteure en scène a choisi de revisiter en mélangeant cirque et théâtre. "J'ai pensé à cette pièce en voyage, et toutes sortes d'idées me sont passées dans la tête sous une tente une nuit et m'ont empêché de dormir", raconte Geneviève Dionne, diplômée en théâtre. Pour accentuer l'atmosphère mystérieuse et magique de ce chassé-croisé amoureux, compliqué par l'intervention des elfes et des fées, les acteurs deviennent acrobates et danseurs, tandis que le décor en tissu contribue au merveilleux. Changement d'univers du 15 au 19 mars avec Les braises de Kanoun, de Jeannine Valignat, une pièce intimiste autour de la lutte de villageois contre la sécheresse qui les menace en Tunisie. "Je suis très contente que ce texte soit monté car il nous parle d'une autre culture, celle des femmes du milieu rural en Afrique du Nord", fait valoir la présidente du Conseil d'administration des Treize, Stéphanie Moreau.

Quelques jours plus tard, du 23 au 26 mars, c'est le thème de l'abandon des personnes âgées qu'aborde Il n'y a plus rien de Robert Gravel. Le metteur en scène Philippe Savard mise beaucoup sur l'émotion et le sentiment de culpabilité que le public peut ressentir face à ces vieillards un peu séniles séjournant dans un hôpital. À quelques jours de Noël, leur quotidien va se pimenter cependant grâce à l'arrivée d'un grand acteur dans leurs murs. Un vent de démesure souffle ensuite du 31 mars au 2 avril, car le grand Don Quichotte, version Jean-Pierre Ronfard, reprend le combat contre l'oppresseur en compagnie de son fidèle Sancho. Une énorme distribution pour cette pièce hautement fantaisiste, mise en scène par Valéry Belzil, que la troupe n'avait pas présentée depuis une bonne quinzaine d'années.

Beaucoup de comédiens aussi pour interpréter les personnages un brin décalés des Contes de la zone crépusculaire, oeuvre présentée du 29 mars au 2 avril, puis du 5 au 9 avril. L'auteur québécois Guy Beausoleil réunit sur scène des clients d'un casse-croûte confrontés à des situations étranges. La pièce, mise en scène par Tina Paquet, a des allures de "Twilight Zone", la série télévisée, sur fond de chasse-galerie. Ambiance étrange garantie également avec Les secrets de l'invisible, proposé les 28 et 29 avril, grâce à un échange avec l'Université de Clermont-Ferrand en France. Ce spectacle permet une rencontre unique entre des étudiants passionnés de théâtre et d'autres en sciences autour du thème de la physique. Pierre Bonton, le professeur responsable, promet de l'humour, de la poésie, mais aussi du sérieux dans les saynètes traitant de l'infiniment petit et de l'infiniment grand, tout aussi bien que des secrets de famille ou des secrets de l'imaginaire.

"Je suis contente de cette saison car elle est très diversifiée, remarque Stéphanie Moreau. Par contre, je crains que nous n'ayons beaucoup moins de pièces à présenter l'an prochain. Il se pourrait même que Les Treize ne fêtent pas leur soixantième anniversaire dans quelques années." La présidente du conseil d'administration de la troupe anticipe en effet une baisse du nombre de membres de la troupe, et donc du volume de productions présentées. La mise en vigueur de règlements dès septembre prochain, selon lesquels 80 % à 85% des membres des Treize devront être des étudiants, le reste provenant de la communauté universitaire, va exclure des acteurs chevronnés travaillant à l'extérieur du campus.

"Il est normal qu'une troupe accréditée comme étudiante soit majoritairement composée d'étudiants, répond Guy St-Michel, le directeur du Bureau d'accueil et d'animation de l'Université. On avait parfois l'impression aux Treize que les mêmes comédiens revenaient d'année en année. Notre mission, c'est de rendre le théâtre accessible aux étudiants, afin qu'ils puissent assumer les rôles importants, la mise en scène, la scénographie." Selon lui, le fait de produire deux ou trois pièces par an plutôt qu'une douzaine ou plus comme actuellement n'a rien de négatif puisqu'il s'agit avant tout pour les étudiants de découvrir leurs talents et de contribuer à animer le milieu universitaire.

Les spectacles seront présentés au Théâtre de poche, à l'Amphithéâtre Hydro-Québec ou au Théâtre de la cité universitaire.Le coût des billets est de 10 $ en prévente à l'Animation socioculturelle, au local 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins, et de 12$ à l'entrée.