Au fil des événements
 

2 février 2006

   

Université Laval

Des pionnières dans leur milieu de pratique

Les quatre premières infirmières praticiennes spécialisées formées à l'Université Laval sont au travail

par Valérie Lapointe

La Faculté des sciences infirmières a souligné récemment la diplomation de ses quatre premières infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en soins tertiaires dans les domaines de la cardiologie et de la néphrologie. Danielle Boucher et Liane Dumais (IPS en néphrologie) ainsi que Geneviève Boily et Julie-Anne Boutin (IPS en cardiologie) ont reçu leur carte de candidates à l'exercice de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et se présenteront à l'examen de certification de l'OIIQ prévu en juin 2006.

Au Québec, l'IPS est un rôle en émergence et les premières diplômées doivent tracer la route au sein de leur milieu de pratique. Voilà un défi stimulant pour l'évolution de la pratique infirmière avancée et l'amélioration de l'accessibilité et de la qualité des soins de santé dans les domaines spécialisés prioritaires: cardiologie, néphrologie et néonatalogie. C'est suite à l'adoption du projet de loi 90 que la Loi sur les infirmières et infirmiers a été modifiée. Son entrée en vigueur en 2003 a favorisé le développement de nouvelles pratiques pour la profession infirmière, notamment le rôle de l'IPS, en collaboration avec le Collège des médecins du Québec (CMQ) et l'OIIQ.

Une forte motivation
Diplômées de la Faculté des sciences infirmières, Danielle Boucher et Liane Dumais ont entrepris avec optimisme leurs nouvelles fonctions à l'Hôtel-Dieu de Québec. Leur passion pour la clientèle, leur motivation à acquérir de nouvelles connaissances et une plus grande autonomie, dans un cadre légal, les ont toutes deux incitées à poursuivre leurs études. "Le désir de faire avancer la profession et d'aller chercher des outils pour pouvoir accomplir un rôle élargi était une véritable source de motivation", exolique Danielle Boucher, IPS en néphrologie. Sa collègue de travail, Liane Dumais, également IPS en néphrologie, ajoute que ce nouveau rôle permettra un meilleur suivi et une connaissance plus complète du client tout en contribuant à la prévention des complications. Selon elles, les néphrologues pourront alors répondre davantage aux cas plus complexes et ainsi améliorer l'accessibilité et la qualité des soins.

Concrètement, l'infirmière praticienne spécialisée occupe 30 % de son temps à des activités de recherche, de consultation et d'enseignement aux clients et au personnel infirmier. Le reste du temps est consacré à la pratique clinique auprès des clients et de leur famille. Geneviève Boily, IPS en chirurgie cardiaque à l'Hôpital Laval mentionne l'importance de la compréhension du rôle de l'IPS dans le réseau de la santé: "Le rôle de l'IPS est très certainement appelé à évoluer. Pour l'instant, comme nous n'avons aucun modèle précis, tout est à bâtir. À l'Hôpital Laval, un comité d'implantation de la pratique infirmière avancée est en place depuis quelques années et est nécessaire à la bonne évolution et à la compréhension du rôle de l'IPS qui doit travailler en étroite collaboration avec une équipe multidisciplinaire. Des conférences dans l'établissement ont également été données pour clarifier le rôle de l'IPS. Julie-Anne Boutin et moi sommes ravies de constater l'ouverture de nos collègues face à cette nouvelle approche." Julie-Anne Boutin travaille également en chirurgie cardiaque à l'Hôpital Laval et ajoute que le fait d'être pionnière demande des efforts supplémentaires pour intégrer adéquatement la vision médicale enseignée tout en conservant la vision de l'approche globale du client. "Avec le temps, nous nous habituons à combiner ces visions et nous nous sentons de plus à plus à l'aise dans notre rôle."

La formation
Au cours des cinq prochaines années, le ministère de la Santé et des Services sociaux a pour objectif d'introduire au Québec 75 de ces infirmières et infirmiers praticiens dans des secteurs spécialisés comme la cardiologie, la néonatalogie et la néphrologie. Une formation graduée en sciences infirmières et en sciences médicales permet à ces professionnelles et professionnels de faire les apprentissages nécessaires à une pratique infirmière avancée et à poser des gestes en matière d'évaluation et de traitement de problématiques de santé dans leur domaine de spécialité. La formation et l'encadrement légal leur permettent également de prescrire des médicaments, des tests et des examens diagnostics, des traitements médicaux et des traitements invasifs présentant des risques de préjudice, gestes autrefois réservés uniquement aux médecins.

La Faculté des sciences infirmières de l'Université Laval offre une formation d'IPS en néphrologie et en cardiologie. Cette formation exige l'obtention d'une maîtrise en sciences infirmières et d'un diplôme d'études supérieures dans une de ces spécialités. L'IPS doit également posséder une expertise clinique qui repose sur une solide expérience dans le domaine de spécialisation. Au Québec, seulement trois universités offrent la formation d'IPS dont l'Université Laval. La Faculté des sciences infirmières invite donc les étudiantes et étudiants à s'informer sur cette nouvelle pratique infirmière avancée en communiquant avec le Secrétariat de la gestion des études au (418) 656-3356. Par ailleurs, il faut également savoir que le domaine de l'IPS en première ligne est en voie de développement. L'OIIQ sera en mesure de livrer ses projets de règlements dès l'été 2006.