Au fil des événements
 

2 février 2006

   

Université Laval

Savants calculs

Les chercheurs de Laval peuvent compter sur le Centre de bioinformatique et d'analyse computationnelle pour naviguer dans un océan de données

par Jean Hamann

Peu de gens le savent, mais la plus imposante puissance de calcul de tout l'Est du Québec se trouve dans un petit local du 4e étage du pavillon Marchand, au Centre de bioinformatique et d'analyse computationnelle (www.bioinfo.ulaval.ca). Il y a neuf ans, Nicolas Juge était seul matelot et capitaine à bord. Son premier engin, un supercalculateur Origin 2000 fabriqué par Cray, constituait le nec plus ultra de l'époque. Aujourd'hui, le centre peut tabler sur l'expertise de six spécialistes et sa puissance de calcul est 26 fois plus élevée qu'à ses débuts: ses trois machines peuvent effectuer jusqu'à 250 milliards d'opérations à la seconde! "Nous ne sommes pas uniquement un centre de calcul, précise toutefois Nicolas Juge. Nous offrons des services-conseils aux chercheurs et nous contribuons aussi à la formation de spécialistes en bioinformatique, en plus de développer nos propres recherches."

"L'objectif du centre est de fournir une infrastructure de haute performance à la communauté universitaire et à la région de façon à positionner l'Université Laval à l'avant-scène de la recherche", explique son coordonnateur, François Larochelle. Pour y arriver, l'équipe ne ménage pas ses efforts: les ordinateurs roulent en continu et un système automatisé de téléphonie, en fonction 24 heures par jour, sept jours par semaine, avise les responsables dès qu'une machine tombe en panne.

Comme la première partie de son nom l'indique, le centre recrute le gros de ses clients parmi les chercheurs qui travaillent en génomique et en protéomique. Mais, son volet "analyse computationnelle" lui permet d'embrasser plus large, ce qui explique pourquoi des physiciens et des économistes font aussi appel à ses services. Le Centre de bioinformatique et d'analyse computationnelle compte entre 150 et 200 clients réguliers. Environ 90 % d'entre eux sont membres de la communauté universitaire, de sorte qu'il ne leur en coûte que 70 $ par année pour profiter de la puissance de calcul du centre et des conseils offerts par son équipe. Les centres de recherche privés et gouvernementaux de la région composent le reste de la clientèle. "Nous avons encore une bonne réserve de puissance de calcul, ce qui nous permet d'accepter de nouveaux clients", assure Nicolas Juge.