Au fil des événements
 

8 décembre 2005

   

Université Laval

Banc d'essai

Les étudiantes et étudiants en arts plastiques nous font partager leurs élans de création et d'audace

Par Renée Larochelle

Comment amorce-t-on la personnalisation de la démarche artistique? Comme trouve-t-on ce filon qui va transformer la matière en art, l'inanimé en oeuvre dotée de présence et d'âme? C'est dans cet esprit que s'inscrit l'exposition Banc d'essai, un collectif d'étudiantes et d'étudiants du baccalauréat en arts plastiques présenté à la Galerie des arts visuels jusqu'au 18 décembre. Au programme, une quinzaine d'oeuvres témoignant de la démarche de jeunes qui se trouvent à mi-parcours de leurs études de baccalauréat. Éclectique à souhaits, l'exposition comprend des tableaux, des dessins, des photographies, des sculptures et des installations. On y trouve du figuratif, de l'abstrait, parfois un mélange des deux. En somme, on nage en pleine création, avec en prime, la possibilité d'en apprendre davantage sur les préoccupations de jeunes qui en sont à leurs premiers pas sur le long chemin de la voie artistique.

"Nous avons voulu donner la chance à des étudiants qui se trouvent au milieu de leurs études de baccalauréat d'exposer leurs oeuvres", explique Nicole Malenfant, directrice du programme de baccalauréat en arts plastiques. Ils sont au tournant de leurs études, entre l'hésitation et l'affirmation. Le regard de l'autre leur offre ce miroir qui ouvre leur conscience à ce qu'ils investissent d'eux-mêmes à travers leur démarche créatrice."

Sortir du placard
Pour l'une des étudiantes, Valérie Cousineau Girard , le fait d'exposer fait respirer l'oeuvre, souvent enfermée dans un espace de travail où elle en vient à étouffer. "C'est comme d'avoir une robe dans son placard, souligne-t-elle. Quand on la sort et qu'on l'enfile, on lui donne la chance de se faire voir et de parler de la personne qui la porte, dans le cas présent, l'artiste." Pour Banc d'essai, Valérie Cousineau Girard présente deux tableaux de grand format, dont "Les coquelicots sont à l'abri dans la terre", oeuvre mi-abstraite, mi-figurative où le rouge s'éclate au beau milieu d'un paysage de fin du monde.

De son côté, Marie-Sigrid Lefebvre-Desgagnés présente un assemblage réalisé avec du bois récupéré. Il en résulte un étonnant mélange de textures et de couleurs, avec des bois rugueux, doux, clairs et sombres, tel un puzzle taillé à l'emporte-pièce. "Pour moi, le vieux bois constitue un matériau des plus nobles, dit l'étudiante. Je le préfère infiniment au bois neuf qui lui, ne possède pas d'âme." Si Marie-Ève Vignola présente des photos aux titres évocateurs, "Lise par un dimanche soir au Beaugarte" et "Ce soir, Pétale se plaît", Andrée-Anne Longchamps expose d'intéressantes sculptures de plâtre, de ciment et d'argile.

Les autres exposants sont : Danielle Bachand, Ariane Bérubé-Rancourt, Guillaume Clermont, Cynthia Coulombe-Bégin, Marie-Chrystine Élie, Geneviève Roy et Julie Théberge.

"En regardant les oeuvres, nous pouvons déjà saisir cette singularité qui s'affirmera avec plus d'évidence dans les oeuvres prochaines chez les étudiants, affirme Nicole Malenfant. Pour le moment, ils manifestent du désir, de l'inquiétude, de la sensibilité et de la fantaisie. Tout cela nous fait percevoir ce que leur personnalité a d'audacieux face à l'inconnu."

Les heures d'ouverture de la Galerie des arts visuels (295 boul.Charest Est) sont du mercredi au vendredi de 11 h 30 à 16 h 30 et les samedis et dimanches de 13 h à 17 h.