Au fil des événements
 

8 décembre 2005

   

Université Laval

Le courrier

Coupures ou recrutement?

Récemment, le Syndicat des employées et employés de l'Université Laval (SEUL) était convoqué par la direction de la Faculté des sciences et de génie afin d'être informé d'une coupure imminente de quelque 13 postes administratifs: agente de secrétariat, technicien, aide-technique, etc. Ces coupures se justifiaient par une diminution importante de la clientèle étudiante et donc du financement qui y est associé.

Ainsi, au cours des dernières années, la clientèle étudiante de la faculté a diminué de pas moins de 140 étudiants équivalents temps complet (étc) et une projection de 100 étc supplémentaires pour les prochaines années. En termes budgétaires, il s'agit d'une perte de revenus récurrente de l'ordre de 1,4 M $ cette année et de 2,4 M$ annuellement dès l'an prochain. Les prochaines années ne s'annoncent pas plus roses, la direction croyant que la tendance devrait se maintenir.

On ne s'étonnera guère qu'un syndicat s'insurge contre de telles coupes, mais la question dépasse de beaucoup celle des postes abolis. En effet, cette catastrophe était annoncée! Qui ne pouvait prévoir une baisse de la clientèle dans un contexte de quasi plein emploi ? Qui ne pouvait prévoir une baisse de la clientèle avec la conjonction du taux de décrochage faramineux chez les jeunes hommes et la baisse de natalité ? Doit-on être devin pour prédire qu'au cours des prochaines années bien peu de jeunes s'inscriront en foresterie après les fermetures successives d'usines dans le domaine forestier? Et en sciences infirmières, y aura-t-il beaucoup de jeunes qui s'inscriront alors que l'on s'arrache les infirmières avant même qu'elles ne finissent leur cégep?

Au cours des prochaines années, il est facile de prévoir qu'il y aura une baisse de la clientèle étudiante provenant du Québec dans un contexte où le marché de l'emploi demeurera fort avec les retraites des "baby boomers" et les effets de la dénatalité qui se feront ressentir. Si l'Université Laval veut conserver un nombre stable d'étudiants et d'étudiantes, elle se doit de développer de nouveau marchés: le Canada, les États-Unis, l'Amérique latine, l'Europe, l'Asie et l'Afrique.

L'Université Laval, en plus de prendre une approche promotionnelle qui, manifestement, n'a pas donné les résultats escomptés, doit prendre une approche proactive. Elle doit faire activement du démarchage pour attirer les candidats au doctorat de l'Amérique latine en rencontrant les personnes en autorité et en signant des protocoles; elle doit prendre les moyens pour recevoir les étudiants chinois, devant une Chine de plus en plus francophile. Il s'agit d'un bassin énorme. Que dire de l'Europe et des États-Unis où le Québec et l'Université Laval jouissent d'un avantage compétitif dont on n'a qu'à profiter! Le coût de la vie et le coût des études sont sans commune mesure avec les nôtres!

Déjà nous écrivions dans ces mêmes pages en septembre dernier que l'Université Laval devrait axer son recrutement vers des clientèles étrangères. Maintenant, il y a péril en la demeure. Nous sommes conscients que l'Université fait des efforts louables, mais ils sont, jusqu'à présent, insuffisants. Nous ne souhaitons pas que le personnel que nous représentons souffre encore de nouvelles coupures ou qu'elles s'étendent à d'autres facultés et départements. Le SEUL accueillera favorablement toute initiative visant à augmenter la clientèle étudiante. Nous souhaitons ardemment que l'Université investisse dans une démarche proactive porteuse de résultats concrets.

JEAN COULOMBE
Président
SEUL-SCFP-2500