Au fil des événements
 

24 novembre 2005

   

Université Laval

Le virage santé se poursuit sur le campus

Les étudiants gèrent déjà environ 55 % du volume d'affaires des services alimentaires

par Yvon Larose

Les choses avancent dans l'offre de mets santé sur le campus. D'une part, Laliberté et Sodexho, les deux compagnies externes spécialisées en restauration, choisies à la suite d'appels d'offres en avril et juin derniers, ont commencé à modifier leurs menus afin d'y ajouter des aliments santé. D'autre part, la direction de l'Université a renouvelé, en septembre, les contrats d'exploitation de trois concessions alimentaires gérées par les étudiants. "Du côté des deux concessionnaires externes, les exigences du Comité des services alimentaires pour davantage d'aliments sains ont commencé à être remplies dès cet été et elles s'implantent graduellement, indique le vice-recteur à l'administration et aux finances, Claude Godbout. Au restaurant Le Cercle, Laliberté ira plus loin en offrant un menu à la carte. Et malgré d'importantes rénovations prévues pour l'an prochain à la Halte-Bouffe du pavillon Alphonse-Desjardins, cette compagnie pourra se conformer à nos exigences dès cette année. En ce qui concerne Sodexho, présente dans quinze pavillons, cette entreprise a, entre autres choses, commencé dès la rentrée à coder les aliments santé offerts par les machines distributrices. Cette codification est basée sur la teneur en protéines, en gras, en fibres et en sodium des aliments offerts. Sodexho a aussi introduit de nouveaux menus dans ses casse-croûte."

En plus du contrat du Pub universitaire renouvelé en juin, les contrats renouvelés en septembre avec les associations étudiantes concernent les pavillons Alexandre-Vachon et Adrien-Pouliot, ainsi que le pavillon Abitibi-Price. Ces ententes étaient assorties d'exigences accrues en matière de mets santé. Des discussions sont par ailleurs en cours avec les étudiants du pavillon Paul-Comtois en vue de réactiver une ancienne concession alimentaire. "Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les trois concessions gérées par des étudiants, ainsi que la dizaine de cafés étudiants accaparent environ 55 % de l'ensemble du volume d'affaires des services alimentaires du campus, précise Claude Godbout. Les deux concessionnaires externes se partagent le reste."

Ces développements surviennent en même temps que d'importants travaux, récents ou en cours, relatifs aux aires d'alimentation des pavillons Jean-Charles-Bonenfant et Charles-De Koninck. "Ces travaux visent à permettre une plus grande offre de services alimentaires et à répondre plus adéquatement aux besoins des usagers, souligne Claude Godbout. En ce sens, ils s'inscrivent dans le virage vers la qualité alimentaire." En bref, la cafétéria du Jean-Charles-Bonenfant a été convertie en une nouvelle aire de service et en une salle à manger agrandie. L'amélioration de l'aire d'alimentation du niveau 0 du Charles-de Koninck est terminée depuis quelques semaines et les nouveaux menus sont disponibles. La construction d'un bâtiment de 560 mètres carrés et d'une capacité de 250 places est en marche dans la cour intérieure de ce pavillon.

Maintien du libre-choix
Rappelons que le 31 mai dernier, à l'échéance de tous les contrats de services alimentaires en vigueur depuis cinq ans, l'Université entreprenait officiellement son virage vers la qualité alimentaire. Ce virage prévoit qu'il sera possible de consommer des repas qui répondent aux recommandations des nutritionnistes, tant pour leur teneur en protéines qu'en sucres ajoutés, gras total, gras saturés et trans, sodium et fibres alimentaires. L'objectif est que l'usager puisse, partout sur le campus, se composer un repas qui comprenne une quantité limitée de matières grasses et de sel, une bonne quantité de fruits et légumes, ainsi que des fibres alimentaires. Cela dit l'usager aura toujours la possibilité d'aller vers d'autres types d'aliments, comme la pizza.
À l'instar de six autres personnes, dont un étudiant, Claude Godbout fait partie du Comité des services alimentaires. Cette structure permanente a été créée par le Conseil d'administration de l'Université pour encadrer la qualité alimentaire sur le campus. Dernièrement, le Comité a écrit aux représentants de Laliberté et de Sodexho. "Nous talonnons les deux concessionnaires, notamment pour s'assurer qu'ils appliquent les exigences contractuelles en termes de qualité, de diversité et de sécurité alimentaire, indique le vice-recteur. Nous avons fait le point avec eux relativement à la phase de transition que nous traversons afin de voir comment ils comptent s'aligner pour les prochains mois."

Faire respecter le règlement
Depuis le début de la session d'automne, quelques dizaines de personnes enfreignent un des règlements de l'Université en servant gratuitement des repas au pavillon Charles-De Koninck. Ces personnes sont regroupées sous l'appellation du Collectif de minuit, un groupe d'action n'ayant pas de statut officiel sur le campus et composé en majorité d'étudiants de Laval. L'activité, qui se déroule sans les permis requis par les différentes instances universitaires, a lieu les jeudis avant-midi, entre 11 h 30 et 12 h 30, au niveau 0 du pavillon, à proximité des locaux de Sodexho.

Les 8 et 22 septembre, les agents du Service de sécurité et de prévention de l'Université (SSP) ont remis aux contrevenants des avis d'infraction au Règlement concernant la vente, la distribution, la sollicitation et l'affichage à l'Université Laval. Les avis contenaient aussi une offre. Celle de régulariser la situation du Collectif en le faisant reconnaître pour qu'il devienne une association dûment agréée par l'Université. "Ne sachant pas à qui nous adresser, nous avons identifié quatre étudiants de Laval présents sur les lieux et qui paraissaient avoir des liens avec le Collectif, explique Claude Godbout. Nous avons fait une première offre de rencontre, pour le 13 octobre, dans le but d'expliquer le sens de l'offre contenue dans l'avis d'infraction. Puis, une autre pour le 19. En tout, cinq rencontres ont été proposées. Mais, dans aucun cas, les étudiants ne se sont présentés. Il est donc faux de dire que la direction de l'Université refuse de dialoguer."

Le 25 octobre, les agents du SSP ont remis aux contrevenants des extraits du Règlement disciplinaire à l'intention des étudiants de l'Université Laval. Ce geste venait en réponse, entre autres, aux pressions verbales exercées par des membres du Collectif à l'endroit d'employés et d'étudiants désireux de s'alimenter au carrefour alimentaire du pavillon Charles-De Koninck géré par Sodexho. Les agents ont répété leur geste le 10 novembre. Entre temps, la direction de l'Université a rencontré des représentants des deux grandes associations étudiantes, la CADEUL et l'AELIÉS, pour leur expliquer le sens de l'offre mentionnée plus haut. Rappelons que ces deux associations participent, depuis le début de la session d'automne, à un boycott pacifique des comptoirs alimentaires administrés par Sodexho. Ce mouvement de contestation se veut une réaction au choix de ce concessionnaire qui fut préféré à deux autres, dont un soumissionnaire étudiant, L'Entithé. "Que les étudiants boycottent, c'est leur droit, précise Claude Godbout, mais en autant que cela se fasse dans le respect des règlements et avec le souci du bon ordre, soit le respect des biens, des personnes et des libertés de chacun."

En février dernier
La direction de l'Université a l'obligation d'assurer au concessionnaire Sodexho des conditions dans lesquelles il puisse exercer normalement ses activités commerciales. Elle ne peut, en outre, tolérer qu'un groupe de personnes enfreigne impunément un de ses règlements. Ainsi, à la suite d'incidents survenus l'hiver dernier, en particulier de l'échauffourée du 24 février où il y a eu de l'intimidation, du harcèlement et des méfaits, autant à l'endroit d'employés de Sodexho que d'agents du SSP, cinq dossiers ont été acheminés au comité disciplinaire de l'Université. Quatre ont été traités à ce jour et trois ont résulté en une sanction.

"En parallèle à nos autres démarches, nous avons continué à monter des dossiers pour les personnes qui sont en infraction, souligne Claude Godbout. Le campus est un terrain privé à accès public sur lequel nous avons le droit de faire appliquer nos règlements. Nous intervenons donc pour assurer le respect du contrat qui nous lie au concessionnaire et pour faire respecter notre réglementation. Nous avons reçu des commentaires d'employés et d'étudiants qui nous ont fait part de leur agacement face aux actions du Collectif de minuit. La direction de l'Université n'est pas contre l'expression de différents points de vue, à condition que cela ne brime pas la liberté des personnes. Notre approche se veut mesurée, structurée et rationnelle afin d'éviter tout débordement."

Pour plus d'information sur le Règlement concernant la vente, la distribution, la sollicitation et l'affichage et le Règlement disciplinaire à l'intention des étudiants: www.ulaval.ca/sg/reg/Reglements/