Au fil des événements
 

17 novembre 2005

   

Université Laval

La chevauchée fantastique

Du 24 au 27 novembre, Les Treize présentent Equus, une des oeuvres les plus fortes du répertoire théâtral contemporain

par Renée Larochelle

Qu'est-ce qui a bien pu poussé Alan Strang, 17 ans, à crever sauvagement les yeux de six chevaux avec un pic dans l'écurie où il était employé? Que s'est-il passé dans la tête de ce jeune homme pour qu'il commette un tel crime, lui qui tenait pourtant les chevaux en adoration? Pourquoi tuer ce qu'on aime le plus au monde? C'est ce que vous invitent à découvrir Les Treize dans une des oeuvres les plus fortes du répertoire théâtral contemporain, Equus de Peter Shaffer, du 24 au 27 novembre, à 20 h, à l'amphithéâtre Hydro-Québec.

Écrite en 1973, cette pièce décrit la longue remontée à la surface de l'inconscient des souvenirs d'un jeune homme dont l'âme tourmentée frémit à l'odeur sensuelle des chevaux. Un fil d'Ariane déroulé par un psychiatre, Martin Dysart, l'aidera à sortir du labyrinthe.

"La pièce est construite à la manière d'un roman policier, explique le metteur en scène du spectacle, Jean-Nicolas Marquis. Peu à peu, les morceaux du puzzle se mettent en place; le psychiatre avance lentement mais sûrement dans son enquête et finit par découvrir la clé de l'énigme. Entre Martin Dysart et Alan Strang s'établit une étrange relation où se confrontent deux visions du monde, le premier faisant face à ses angoisses et à ses manques, le second marqué à vie par une enfance austère et privée de véritable amour."

Sans trop rien dévoiler de l'intrigue, on peut dire que le psychiatre amènera Alan à revivre sa première chevauchée, alors qu'un superbe cavalier venu de nulle part l'avait fait monter à cheval et qu'un père autoritaire et hypocrite l'en avait fait brutalement descendre. D'où la chute dans le rêve, porte de sortie par excellence d'une existence étriquée livrée à elle-même, sans musique, sans livres, sans amitié, sans rien.

Des choses essentielles
"Ce psychiatre est à un moment de son existence où il se pose beaucoup de questions par rapport à sa vie et à l'utilité de son travail, souligne Raymond Poirier, qui joue le rôle de Martin Dysart. Il se rend compte qu'en aidant les gens à se défaire de leurs démons, il leur enlève en même temps ce qu'ils ont d'unique en eux." Et c'est bien de la remise en question du rôle de la psychiatrie dans notre société dont il s'agit dans Equus, de même que de toute la conception de la normalité chez l'être humain. "Je fais des choses définitives", constate ainsi Martin Dysart, après que son jeune patient ait finalement rendu les armes et confessé les raisons de son crime. "Essentiellement, je ne peux savoir ce que je fais. Pourtant, je fais des choses essentielles, irréversibles, finales. Je me tiens dans le noir, un pic à la main, l'enfonçant dans des têtes."

Autour de ce duo infernal gravitent sept autres personnages: le père, Frank Strang (Denis Giguère); la mère, Dora Strang (Barbara Langis); la juge, Hesther Salomon (Karen Dubois); l'amie, Julie Masson (Amélie Couture); l'infirmière (Geneviève Desnoyers); le propriétaire d'écuries, Harry Dalton (Jean-François Lépine) et le cavalier (Pierre-Jean Champoux). Un choeur vient rythmer l'action et illustrer les souvenirs d'Allan. "Equus est une pièce qui ne laisse personne indifférent, affirme le metteur en scène Jean-Nicolas Marquis. On en ressort bouleversé, dérangé. C'est une pièce qui touche au mystère même de la condition humaine."

Les billets pour Equus sont disponibles sur le réseau Billetech (www.billetech.com ou 643-8131), à l'Animation socioculturelle, au local 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins, au coût de 10 $, ainsi qu'à la porte le soir du spectacle, à 12 $.