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10 novembre 2005

   

Université Laval

Centres d'attraction

Étudiant en architecture, Olivier Vallerand propose un type d'espace commercial ouvert sur le monde

par Renée Larochelle

Un centre commercial coiffé d'un espace vert où il ferait bon flâner après le magasinage, ça vous dit? Si le concept vous paraît intéressant, sachez qu'il provient de l'étudiant à la maîtrise en architecture Olivier Vallerand qui a mérité la 3e place, catégorie architecture, pour son projet portant sur la nouvelle fonction urbaine du centre commercial, lors de la dernière édition du Lab-oratoire public de l'AELIÉS qui s'est tenu récemment à Place Laurier.

"Actuellement, les centres commerciaux sont des boîtes fermées sur elles-mêmes, entourées d'immenses espaces de stationnement, explique Olivier Vallerand. D'un point de vue esthétique et environnemental, c'est assez désastreux. Les centres commerciaux coupent des quartiers entiers et déparent le paysage. En même temps, on sait que le centre commercial joue un rôle économique et social très important dans la société. On y fait des affaires, on s'y rencontre pour jaser et pour prendre un café. Bref, les centres commerciaux ont remplacé les places publiques d'antan. Il faut donc faire avec, mais autrement."

Pour Olivier Vallerand, le centre commercial idéal comporte non seulement des magasins et des boutiques, concentrés au rez-de-chaussée, mais aussi des bureaux et des espaces d'habitation, aux autres étages. Ouvert sur la rue, décomposé en plusieurs bâtiments, le centre commercial devient un espace où il fait bon déambuler. Aux États-Unis, les Power Center, immenses temples dédiés à la consommation très en vogue dans les années 1990, ont fait leur temps et les constructeurs reviennent lentement à des dimensions plus humaines, explique Olivier Vallerand qui s'est rendu cet été dans la région de Los Angeles pour voir ce qui s'y faisait en la matière. "Par exemple, dit-il, on va accoler un marché public de fruits et de légumes à un autre type d'espace commercial, ce qui va avoir pour effet de mélanger les clientèles et d'attirer les gens. C'est bien."

Une transformation radicale
Dans le projet qu'il a soumis au Lab-oratoire public, Olivier Vallerand laisse aller son imagination, proposant une transformation radicale de Place Fleur de Lys, un centre commercial comptant plus de 200 magasins. Divisant le centre en deux parties, il intègre des rues à travers les bâtiments, fait aménager un parc au 2e étage qu'il prolonge par des passerelles passant au-dessus de l'Autoroute Laurentienne. "En s'inspirant de ce qui se fait en Europe et aux États-Unis, il est possible de créer quelque chose d'intéressant au Québec, fait valoir le futur architecte. Tout est possible, quand on y pense bien. Car il ne faut pas oublier que les centres commerciaux tels qu'on les connaît aujourd'hui sont le fruit de plusieurs années de réflexion.

Que dire de certains centres commerciaux qui proposent manèges et patinoires en leurs murs? Sont-ils dépassés? "C'est une façon d'attirer la clientèle mais là où le bât blesse, c'est que les activités n'y sont pas gratuites. Je pense qu' il faut redonner le centre commercial aux gens. Je verrais très bien un centre commercial doté d'une bibliothèque bien garnie où les ados pourraient aller bouquiner tranquillement, par exemple."