Au fil des événements
 

3 novembre 2005

   

Université Laval

L'escouade verte

par Jean Hamann

La mission de la quinzaine de personnes qui travaillent à la section "Terrains et voirie" du Service des immeubles n'est pas banale: semer de la beauté sur le campus. "Pour nous, le campus ne sera jamais trop vert", lance Michel Méthot, le coordonnateur de cette équipe.

Ce leitmotiv semble inspirer les onze ouvriers horticoles - et les cinq opérateurs de machinerie qui les assistent au besoin - si on en juge par le nombre de nouveaux aménagements paysagers réalisés sur le campus au cours de la dernière année. Parmi leurs oeuvres récentes, mentionnons la cour intérieure du pavillon Lacerte ainsi que les abords des pavillons des Sciences de l'éducation, Savard et Parent. La semaine dernière, l'équipe mettait la touche finale à sa dernière création, l'aménagement extérieur du Centre de transformation sur le bois ouvré.

Frédéric Savard, Denis Lecours, Patrice Pouliot, Jean-François Leclerc, Alain Ménard, François Grenier, Geneviève Gagné, Michel Méthot, Martin Letarte, Mario Mathieu et Marie-Andrée Paré devant une de leurs récentes réalisations. «Nous avons le devoir de léguer un campus vert aux gens qui viendront après nous.»
Photo Marc Robitaille

Plus porté sur l'action que sur la compilation de statistiques, Michel Méthot estime que son équipe est responsable d'une bonne cinquantaine de plates-bandes, de toutes les aires gazonnées, de quelque 1 500 à 2 000 arbres ornementaux, des boisés du campus et d'un nombre indéterminé de plantes intérieures retrouvées dans les aires communes des pavillons. L'omniprésence du bitume et du béton fait parfois oublier que le campus compte 55 hectares de verdure. "On s'occupe de tout ce qui est vert à l'exception des terrains de sports", résume-t-il.

Il n'existe pas de grand Plan végétal pour guider les interventions de l'escouade verte du campus. "Nous y allons selon l'inspiration du moment, en fonction des besoins identifiés sur le terrain, et selon les moyens financiers dont nous disposons", explique le coordonnateur. Évidemment, la coupe d'arbres et le va-et-vient de la machinerie lors de la construction ou la rénovation de pavillons appellent une intervention des horticulteurs dès la fin des travaux. Dans le cas du Centre de transformation sur le bois ouvré, par exemple, l'équipe a procédé à la mise en terre de 35 arbres dans la semaine qui a précédé l'inauguration du pavillon.

Les horticulteurs conçoivent eux-mêmes les aménagements paysagers qu'ils réalisent. Michel Méthot leur donne carte blanche pour ne pas brimer leur créativité, mais, précise-t-il, "je me réserve le droit de refuser ou de modifier leurs projets si les coûts sont trop élevés". De son côté, l'équipe d'horticulteurs donne dans la simplicité volontaire en utilisant des arbustes et des plantes qu'ils cultivent dans la pépinière qui jouxte la Centrale d'énergie, en récupérant les jeunes arbres qui ont servi à des expériences à la Faculté de foresterie et de géomatique, en procédant à des échanges avec le Jardin Van den Hende et en bouturant les plantes de leurs plates-bandes. Ils privilégient le recours aux arbustes et aux vivaces, de sorte que chaque plate-bande nécessite peu d'interventions et d'investissements pendant une bonne dizaine d'années. "À l'occasion, on essaie de couper sur l'asphalte ou le gravier pour garder un peu plus d'argent pour les projets horticoles", confesse le coordonnateur.

Pour Michel Méthot, chaque dollar qui verdit le campus est un dollar bien investi. D'un point de vue économique d'abord. "Les aires gazonnées que nous transformons en plates-bandes n'ont plus besoin d'être tondues. C'est le cas autour du pavillon des Sciences de l'éducation, par exemple." Et d'un point de vue philosophique. "Les plantes et les arbres sont une richesse. Nous avons le devoir d'en planter pour léguer un campus vert aux gens qui viendront après nous."