Au fil des événements
 

3 novembre 2005

   

Université Laval

L'ombre jaune

par Renée Larochelle

Qu'ont en commun un étudiant qui participe à un débat d'opinion sur Internet, un journaliste enquêtant sur le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), un travailleur défendant ses droits, un militant de causes liées au sida et un intellectuel exprimant des opinions politiques? Réponse: tous sont susceptibles de se faire arrêter et d'être détenus illégalement en prison ou même d'être condamnés à mort. Le gouvernement chinois tolère mal la dissidence, et si la Chine a le vent dans les voiles au plan économique, elle a encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine des droits de l'homme.

"Il est certain que l'intérêt économique prime actuellement dans nos relations avec la Chine, et que la question des droits de l'homme est reléguée au second plan", explique Jacques Racine, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses et spécialiste de l'éthique publique. "Par contre, si on veut développer une approche des droits de l'homme, il ne faut pas oublier que cette approche est façonnée par des Occidentaux et qu'elle concerne un pays qui n'a pas la même conception des droits de l'homme que nous, à cause de son histoire et de sa culture."

Et de citer l'exemple de l'Afrique qui, sous la pression des pays occidentaux, a mis en place certains systèmes visant à protéger les droits de l'homme sur le continent. Dans leurs chartes, les Africains mettent l'accent sur la famille, la protection des enfants, des personnes âgées et handicapées. "Ici, nous accordons beaucoup d'importance à la liberté d'expression et c'est fondamental de le faire, affirme Jacques Racine. On peut toutefois accepter que d'autres nations fassent autrement, qu'ils personnalisent ou qu'ils colorent leur action, avec l'espoir de les voir s'approcher le plus près possible de la démocratie."