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13 octobre 2005

   

Université Laval

Un enjeu de santé publique

Les oméga-3: une alternative aux antidépresseurs et à l'hormonothérapie pour les femmes en ménopause?

Les oméga-3 pourraient s'avérer une solution efficace pour traiter les troubles dépressifs et les bouffées de chaleur liés à la ménopause. C'est du moins ce que les chercheurs de la Chaire Lucie et André Chagnon pour l'avancement d'une approche intégrée en prévention de l'Université Laval tentent de démontrer dans le cadre d'une étude clinique visant à évaluer un supplément d'oméga-3 d'origine marine.

Des études ont observé que les populations consommant de grandes quantités de poisson, qui contiennent des concentrations élevées d'oméga-3, ont une faible prévalence de troubles dépressifs. Certaines études ont aussi noté que les patients déprimés ont des taux sanguins d'oméga-3 inférieurs à ceux des sujets témoins. De plus, des études cliniques suggèrent qu'une supplémentation en oméga-3 pourrait avoir un effet antidépresseur.

L'étude en cours, supervisée par Dr Sylvie Dodin, titulaire de la Chaire et professeure-chercheuse à l'Hôpital Saint-François d'Assise, constitue la plus importante réalisée à ce jour concernant cette alternative aux antidépresseurs. Déjà, plus de 40 femmes ont terminé l'étude à laquelle se soumettront au total 144 femmes de la région de Québec âgées de 40 à 55 ans souffrant de dépression d'intensité légère à modérée. La dépression constituerait la plus importante cause d'incapacité au monde. Lors de la période entourant la ménopause, les niveaux d'estrogènes varient grandement. Les symptômes associés à ces changements hormonaux (bouffées de chaleur, troubles psychologiques et du sommeil) réduisent de façon importante la qualité de vie des femmes affectées.

Depuis 20 ans, la proportion de personnes prenant des antidépresseurs a grandement augmenté. Pourtant, le niveau d'abandon des antidépresseurs demeure très élevé. Parallèlement, de nombreuses femmes se tournent vers d'autres solutions souvent dispendieuses dont l'efficacité n'a jamais été clairement prouvée. L'engouement de plus en plus marqué pour des traitements non médicamenteux devient donc un véritable enjeu de santé publique. Dans ce contexte, il était urgent pour les chercheurs de la Chaire d'évaluer avec rigueur la solution de remplacement "oméga-3" aux antidépresseurs, dont l'accessibilité au Canada n'est encore régie par aucune réglementation ou contrôle médical.

Les femmes intéressées à participer à cette recherche sont invitées à communiquer avec Geneviève Asselin au (418) 525-4444, poste 53662. Cette recherche s'adresse uniquement aux femmes âgées entre 40 et 55 ans souffrant de troubles dépressifs et ne prenant pas d'antidépresseurs, d'hormones de remplacement ou d'oméga-3 depuis les 3 derniers mois. La durée totale de l'étude sera de 8 semaines. Les femmes devront prendre 3 gélules d'oméga-3 ou de placebo par jour. Le sentiment de bien-être général et les symptômes de dépression et de détresse ainsi que la qualité de vie (troubles du sommeil, fatigue générale, limitations au travail et vie sexuelle), le nombre et l'intensité des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes seront évalués à l'aide de différents questionnaires.