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29 septembre 2005

   

Université Laval

OGM: étiquetons d'abord

Choix risqué pour les uns, porte de salut pour les autres, les aliments transgéniques divisent l'assiette mondiale

par Renée Larochelle

De la même façon que Santé Canada met en garde les fumeurs des dangers inhérents au tabagisme sur les paquets de cigarettes, les produits renfermant des organismes génétiquement modifiés (OGM) devraient être clairement identifiés dans les épiceries. Avec l'étiquetage obligatoire, le consommateur aurait le choix d'acheter ou non, mais il achèterait au moins en toute connaissance de cause, clairement informé de la teneur du produit.

C'est l'un des constats ayant émergé du colloque portant sur la sécurité alimentaire et les OGM qui a eu lieu les 20 et 21 septembre, au pavillon La Laurentienne. La rencontre était organisée conjointement par le Centre d'études en droit économique (CÉDÉ) de la Faculté de droit, l'Institut de recherche européenne de droit économique (IREDE) de l'Université des sciences sociales de Toulouse, la Chaire de recherche du Canada en droit de l'environnement et le Groupe de recherche en commerce international de l'Institut québécois des hautes études internationales.

"Si la question de l'étiquetage obligatoire des OGM ne fait pas l'unanimité dans le monde, la très vaste majorité des participants et participantes au colloque étaient en faveur de cette mesure", révèle Richard Ouellet, professeur à la Faculté de droit et responsable du colloque. Gale West, professeure au Département d'économie agroalimentaire et sciences de la consommation, croit que "le discours anti-OGM est davantage un discours antimondialisation qu'un discours anti-santé" et qu'il est aussi "à caractère plus économique que scientifique".

Des différences culturelles
À cet égard, Richard Ouellet souligne qu'il n'existe à ce jour aucune preuve scientifique que les OGM ont des effets indésirables sur la santé humaine, selon des rapports effectués par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Ce qui n'empêche pas le fait que le débat sur les aliments transgéniques continue de faire rage dans la communauté européenne, qui se montre très critique devant la réglementation entourant la présence et le commerce de ces d'aliments. Ces différences culturelles ne doivent pas faire oublier que si certains pays du monde se montrent plutôt allergiques aux OGM, arguant qu'ils constituent une menace pour l'environnement et la santé, ils représentent pour les pays en voie de développement l'accès à une nourriture saine et sécuritaire ayant une durée de vie meilleure, a rappelé Geneviève Parent, professeure à la Faculté de droit. On sait en effet que l'un des intérêts des OGM est de pouvoir se développer dans des conditions de sécheresse ou de salinité extrêmes, pour ne nommer que cet exemple.

"Je crois que le débat sur les OGM aura tendance à s'uniformiser dans les prochaines années, souligne Richard Ouellet. Les Nord-Américains seront peut-être plus conscients des avantages ou des désavantages des OGM alors que les Européens se montreront plus souples face à la question. C'est probablement là une question de différences culturelles."