Au fil des événements
 

29 septembre 2005

   

Université Laval

Partenaires pour le progrès

Trois candidats à la mairie de Québec se prononcent sur les rapports qu'ils entrevoient entre leur administration et l'Université, s'ils sont élus

par Yvon Larose

Dans le cadre de la campagne électorale municipale en cours, les trois candidats à la mairie de Québec rejoints par le Fil perçoivent l'Université Laval comme un partenaire avec lequel collaborer sur un certain nombre de dossiers touchant le développement de l'Université elle-même, mais aussi celui de la ville et de la région. Un quatrième candidat, Marc Bellemare, du parti Vision Québec, n'a pu être rejoint et ce, malgré des tentatives répétées de notre part. Soulignons, par ailleurs, qu'un débat des chefs, organisé par la Confédération des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), aura lieu le mardi 4 octobre à compter de 18 h 30 à l'amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins.

"Un acteur majeur sur la scène nationale et internationale." C'est ainsi que Pierre-Michel Bouchard, chef de l'Action civique de Québec, voit l'Université dont il entend faire "un puissant moteur de développement régional" s'il est élu 6 novembre prochain. "L'industrie du savoir, a-t-il déclaré le 16 septembre, doit être au coeur du développement de notre région et l'Université Laval mérite tout notre appui dans la reconnaissance de ses initiatives. Nous nous engageons à faire de ce dossier une des priorités du Service du développement économique de la Ville de Québec dans ses opérations de prospection à l'étranger."

Pierre-Michel Bouchard croit que la Ville de Québec doit regrouper l'ensemble des forces vives de la région derrière l'Université Laval. Il prône, par ailleurs, un réel décloisonnement de l'Université. Il propose, en ce sens, de confier la promotion de l'Université à l'Office du tourisme et des congrès de Québec. Il déclare également vouloir arrimer la Société de valorisation des applications de la recherche de l'Université Laval au Pôle Québec Chaudière-Appalaches. Le chef de l'Action civique estime en outre que l'Université devrait attirer et retenir davantage d'étudiants étrangers. Selon lui, le campus doit s'urbaniser en s'ouvrant sur les quartiers avoisinants. Enfin, il se dit prêt à appuyer le PEPS dans son projet de réaménagement de ses installations au moyen d'un allégement fiscal sur la plus value du bâtiment pendant plusieurs années.


Un débat des chefs, organisé par la CADEUL, aura lieu le mardi 4 octobre à compter de 18 h 30 à l'amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins


Réfection des infrastructures
Claude Larose, le chef du Renouveau municipal, indique que la Ville de Québec a signé tout récemment une entente de collaboration avec l'Université Laval. "La Ville, explique-t-il, contribuera financièrement à hauteur d'au moins 10 millions de dollars à la réfection des infrastructures (rues, aqueducs, etc.) du campus. Elle collaborera également à la mise en uvre du Plan d'aménagement et de développement de l'Université Laval. Nous voulons collaborer, particulièrement dans le projet de quartier résidentiel prévu près de l'avenue Myrand."

Dans une économie de plus en plus axée sur le savoir, et compte tenu de ses nombreux chercheurs, Claude Larose souhaite une présence accrue de l'Université dans les instances régionales de développement économique. Dans le dossier du positionnement à l'international, et grâce à une synergie qui serait créée entre les grands acteurs régionaux, ce dernier imagine sans mal l'Office du tourisme et des congrès faire la promotion de l'Université tout en faisant la promotion de la ville dans un autre pays. Le chef du Renouveau municipal encourage l'Université à développer davantage les partenariats avec les entreprises sous la forme de stages en milieu de travail. Il s'agit là, selon lui, d'un moyen efficace pour contrer la pénurie de main-d'uvre à venir parce qu'il favorise le maintien en emploi. "L'an dernier, dit-il, 150 jeunes immigrants ont fait des stages en entreprise à Québec. Après la fin de leur stage, les deux tiers d'entre eux sont demeurés en emploi."

La candidate indépendante Andrée Boucher affirme d'entrée de jeu que l'Université Laval est un organisme autonome et que cette autonomie doit être respectée. "Mais, ajoute-t-elle, ce n'est pas une vue de l'esprit que d'envisager des collaborations entre elle et la municipalité. L'ancienne Ville de Sainte-Foy l'a fait avec bonheur dans le dossier du Parc technologique, notamment en finançant l'aménagement du boulevard du Parc au coût de cinq millions." L'ancienne mairesse souhaite une plus grande ouverture de l'Université sur la ville environnante. "Le football universitaire constitue un premier pas en ce sens, souligne-t-elle. Bien des amateurs qui assistent aux matchs ne seraient autrement jamais venus sur le campus." Selon elle, l'avenir de Québec passe par l'éducation. "L'espoir de Québec devrait reposer, entre autres, sur l'Université Laval, soutient-elle. Mais le sous-financement dont elle souffre pénalise la région. Une fois financée adéquatement par les gouvernements, l'Université pourra être incluse dans l'offre régionale de la municipalité comme un de ses instruments de développement."

Du transport en commun moins cher
Chacun des chefs de parti s'est prononcé dans le dossier du transport en commun pour les étudiants. Pierre-Michel Bouchard envisage une réduction du coût du laissez-passer d'autobus pour l'ensemble des étudiants de la ville. Marc Bellemare proposait, il y a quelques semaines, la gratuité durant le premier mois de la rentrée scolaire. Claude Larose avance, quant à lui, l'idée d'un laissez-passer universel pour les étudiants. Cette idée fait présentement l'objet de discussions entre la CADEUL et le Réseau de transport de la capitale. Un tel laissez-passer serait valide tout au long de l'année civile et coûterait beaucoup moins cher que les laissez-passer mensuels ou les billets. L'abonnement serait obligatoire pour tous. Les étudiants donneraient leur consentement au préalable par voie de référendum. Implanté avec succès à Victoria, en Colombie-Britannique, le laissez-passer universel a vu le pourcentage d'étudiants de niveau postsecondaire utilisant le transport en commun augmenter de 13 à 24 % en deux ans.

Le 16 septembre, la CADEUL a lancé sa plate-forme de revendications électorales. Le même jour, elle commençait une tournée de sensibilisation auprès des candidats à la mairie de la ville de Québec. Les 25 revendications de la CADEUL sont regroupées autour de six grands thèmes. La Confédération demande notamment à la Ville de Québec de s'engager financièrement dans le projet de laissez-passer universel pour les étudiants de Laval. Elle recommande à la Ville d'aménager des axes cyclistes sécuritaires entre l'Université et le centre-ville par le chemin Sainte-Foy et le boulevard René-Lévesque. La CADEUL souhaite l'adoption d'une politique qui favoriserait l'embauche d'étudiants et de finissants étrangers. Elle demande également à la Ville de favoriser en priorité la construction de logements sociaux et coopératifs dans le district de la cité universitaire, de poursuivre l'implantation des installations de recyclage et d'orienter son développement économique vers l'économie du savoir. Pour plus d'information sur la plate-forme de la CADEUL: www.cadeul.ulaval.ca.