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8 septembre 2005

   

Université Laval

Les sports

En avant les recrues!

Le tout nouveau Club de rugby féminin Rouge et Or entreprend sa première saison par une défaite de 93-7

par Katherine Duchesne

La saison a officiellement débuté le 5 septembre pour le tout nouveau Club de rugby féminin de l'Université Laval. Dans le cadre d'une première historique, les joueuses du Rouge et Or ont affronté l'Université McGill, l'équipe la plus coriace de la conférence. Les joueuses de l'entraîneur Bill McNeil ont subi la défaite par un pointage de 93-7. Cette défaite fait toutefois partie de la période d'adaptation d'une formation à sa première année. McGill n'a pas perdu un match en cinq ans dans la conférence et elle est au-dessus de la mêlée pour toutes les équipes du Québec et des Maritimes. Frédérique Saucier, aile de troisième ligne, a réussi à marquer le premier essai du Rouge et Or.

Un calendrier bien rempli, des objectifs réalistes
Le 10 septembre au PEPS, l'équipe poursuivra son périple avec un match contre l'Université de Sherbrooke dont la formation compte de nombreuses recrues inexpérimentées. "Ce match devrait être à notre portée, même si on ne sait jamais d'avance", commente Bill McNeil. Le 18, l'équipe de l'Université Laval relancera le Vert et Or à Sherbrooke. La semaine suivante, le 25, suivra un match à l'Université Concordia, face à un club bien établi.

En octobre, les partisans de Québec pourront profiter de deux matchs d'affilée au PEPS. Le 10, le Rouge et Or fera face à l'Université Bishop's dans un match qui s'annonce plutôt serré. La saison régulière se terminera sur une note de défi puisque le 16, le Rouge et Or affrontera Ottawa, formation des plus compétitives sur le circuit. La demi-finale et la finale de la FQSE auront respectivement lieu les 23 et 30 octobre tandis que le championnat canadien se tiendra du 3 au 6 novembre à Victoria, en Colombie-Britannique.

Le Rouge et Or poursuivra tout au long de sa saison régulière l'objectif de se tailler une place en demi-finale de la FQSE. Pour ce faire, Bill McNeil désire amener ses joueuses à devancer Sherbrooke et Bishop's tout en étant compétitives face aux universités d'Ottawa et Concordia. "L'objectif à long terme, dit-il, serait de battre McGill pour ensuite se positionner sur le plan national."

Des athlètes de différentes provenances
Comme il arrive fréquemment au football, l'équipe de rugby de l'Université Laval compte des athlètes provenant d'autres disciplines, dont le basketball et le volleyball. Ces sports d'équipe demandent un bon sens du terrain et une solide habileté à manipuler un ballon, indique Bill McNeil. Il y a cependant une période d'ajustement nécessaire. "Pour les joueuses provenant d'une autre discipline, il faut les amener à saisir toutes les subtilités du jeu, et c'est une première étape à franchir en début de saison." Par ailleurs, des athlètes de calibre universitaire ayant déjà évolué pour le Rouge et Or intègrent maintenant les rangs du Club de rugby, en l'occurrence Marie-Pier Turcotte (basketball), ainsi que Christelle Paré (volleyball).

L'équipe de l'Université Laval n'est pas en reste si on parle de joueuses d'expérience. Des athlètes de haut calibre telles Marie-Ève Bernard, Andréanne Gagnon et Sophie Robitaille ont fait partie d'équipes d'élite québécoises. Par ailleurs, Pascale Gagnon-De Meyer et Frédérique Saucier sont aussi d'excellentes athlètes à surveiller, avec un passé impressionnant en rugby de niveaux civil et collégial. Même histoire pour Sophie Robitaille, l'une des cofondatrices de l'équipe de rugby Rouge et Or.

Si, d'un côté, les athlètes de l'équipe de rugby proviennent de différents sports, les différences existent également sur d'autres points. Toutes les positions demandent en effet des talents particuliers, et le gabarit des joueuses est loin d'être standard, ce qui défait un mythe face à ce sport de contact. Le plaquage ne représente qu'un aspect du jeu et le contact est souvent plus technique qu'on peut le croire. À titre d'exemple, et pour aller à l'encontre des idées reçues, Bill McNeil révèle avoir déjà entraîné d'excellentes joueuses qui menaient une carrière parallèle de mannequin!

Le rugby en expansion dans la région de Québec
Le premier match du Club de rugby Rouge et Or concrétise le rêve de nombreux passionnés de ce sport. La venue d'une équipe dans le circuit universitaire permettra d'améliorer les infrastructures pour la pratique de cette activité et de la faire connaître davantage au grand public. L'entraîneur McNeil souhaite créer dans la population de Québec un engouement pour le rugby comparable aux autres sports pratiqués à l'Université Laval. Si l'on en croit la volonté de développement de l'instructeur, le Club favorisera bientôt la région de Québec pour le recrutement d'étudiantes-athlètes. D'autant plus que la venue d'une équipe d'élite à l'Université Laval concrétiserait l'objectif ultime de plusieurs joueuses, soit de pouvoir évoluer au niveau universitaire dans leur propre milieu.

Bien avant d'en arriver à ce niveau, le rugby a graduellement fait sa place dans la région. Les balbutiements du rugby à Québec remontent à 1988 alors que certaines écoles commençaient à expérimenter le sport au niveau juvénile. Après trois ans, des équipes masculines se sont confirmées au sein de l'ARSEQCA. Suivra, en 1992, la venue de formations féminines au niveau scolaire juvénile. Le développement de ce sport s'est fait beaucoup plus rapidement chez les filles. On compte aujourd'hui des équipes de rugby de niveaux cadet en féminin, juvénile (féminin et masculin), collégial (féminin et masculin) et universitaire.