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1er septembre 2005

   

Université Laval

L'arbre aux gènes d'or

John Mackay et Jean Bousquet obtiennent 11,8 M$ pour identifier les marqueurs génétiques de superépinettes

par Jean Hamann

Les entreprises canadiennes en lien avec la forêt devront se tailler une niche du côté de la qualité si elles veulent résister aux assauts de la compétition étrangère. Pour les chercheurs John Mackay et Jean Bousquet, il est clair que cet objectif ne pourra être atteint que si les forêts canadiennes produisent elles-mêmes des arbres de qualité supérieure. Leur point de vue a été entendu en haut lieu puisque l'équipe que dirigent ces deux professeurs du Département des sciences du bois et de la forêt, également membres du Centre de recherche en biologie forestière, vient de décrocher 11,8 M$ pour mener des travaux qui permettront de sélectionner rapidement des épinettes blanches produisant plus rapidement du bois de meilleure qualité.

Ce financement, annoncé le 25 août, provient de Génome Canada (5,9 M$), de Génome Québec (3 M$) et de diverses organisations canadiennes liées à la foresterie. "Nous voulons identifier des marqueurs qui serviront à sélectionner des épinettes qui possèdent des qualités intéressantes sur le plan de la qualité du bois et de la croissance, explique John Mackay. Présentement, il faut faire pousser un arbre pendant plus de 20 ans avant de pouvoir se prononcer sur ses qualités. Grâce aux marqueurs génétiques que nous allons identifier, nous pourrons être fixés dès la première année de vie de l'arbre."

Une partie du travail est déjà accomplie puisque cette équipe a séquencé 15 000 gènes de l'épinette blanche - soit environ la moitié du génome de cette espèce - dans le cadre du projet Arborea I, entrepris en 2002 grâce à l'appui de Génome Canada et de Génome Québec. "Nous avons établi qu'il y avait entre 5 et 10 gènes qui interviennent dans la densité du bois. Pour ce qui est de la croissance, c'est moins précis, admet John Mackay. On parle d'au moins 10 gènes, mais ça pourrait aller jusqu'à plusieurs centaines." Les chercheurs tenteront d'identifier, pour chacun de ces gènes, une série de marqueurs qui serviront d'outils de sélection. Les arbres étudiés par les chercheurs dans le cadre de cette étude croissent dans des plantations expérimentales établies par le Service canadien des forêts dans trois régions du Québec.

Pour mener à bien le projet Arborea II, les chercheurs Mackay et Bousquet pourront compter sur l'expertise de leurs collègues Robert Beauregard, Nancy Gélinas et Philippe Rigault, de collaborateurs du Service canadien des forêts, d'Agriculture Canada, du ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec et de Paprican, ainsi que de chercheurs albertains et américains.