Au fil des événements
 

23 juin 2005

   

Université Laval

Un homme du monde

André Sauvageau est la preuve vivante qu'on peut apprendre à tout âge

par Renée Larochelle

Une fois leur diplôme en poche, certaines personnes quittent l'Université et n'y remettent plus les pieds, lancées sur le chemin d'une carrière qu'elles espèrent longue et fructueuse. D'autres y reviennent, par nécessité professionnelle ou par intérêt personnel. C'est le cas d'André Sauvageau qui lui, a choisi en quelque sorte la voie du milieu. Après l'obtention de son baccalauréat en génie civil, en 1958, l'homme n'a jamais véritablement cessé de fréquenter l'Université Laval, pour la simple et bonne raison qu'il a toujours voulu apprendre, que ce soit pour le travail ou pour son propre enrichissement. Avec le résultat qu'à 73 ans bien sonnés, André Sauvageau vient de décrocher un baccalauréat multidisciplinaire dans des domaines qui le passionnent, les langues étrangères et l'écriture.

"Les couloirs de l'Université me connaissent bien car je les ai beaucoup sillonnés, particulièrement ceux du pavillon Charles-de Koninck, affirme le septuagénaire. En fait, je n'ai pas peur de dire que le fait d'étudier m'a gardé bien en vie." Onzième d'une famille de treize enfants, André Sauvageau a presque appris à lire tout seul, en feuilletant les livres de la bibliothèque familiale. "Je lisais une page et ça restait gravé là", dit-il en portant la main à son front. Dans les années 1980, alors que sa carrière d'ingénieur bat son plein, il doit traduire des soumissions et des devis reçus exclusivement dans la langue de Shakespeare. C'est ce qui le pousse à entreprendre un certificat en traduction anglais-français à l'École de langues.

Une fenêtre ouverte
Dix ans plus tard, ce concepteur et constructeur (il a notamment travaillé à l'édification du Grand Théâtre et de la "tour" de la Faculté des sciences de l'éducation) revenait s'asseoir sur les bancs de l'Université pour compléter un certificat en création littéraire, ayant déjà dans ses tiroirs contes, nouvelles et même l'ébauche d'un roman. Enfin, la passion des langues l'a poussé plus récemment à entreprendre un troisième certificat en langue étrangère, composé de l'italien et de l'espagnol. "Ma fille a épousé un Italien, précise t-il avec humour. Quant à l'espagnol, j'en ai toujours aimé la musique." Trois certificats formant du même coup un baccalauréat multidisciplinaire, voilà un bon tour que l'homme s'est joué à lui-même. "Jamais je n'aurais pensé me rendre jusque là", avoue-t-il cependant.

Ceinture noire de judo, bon nageur et fervent adepte du conditionnement physique ­ toutes des disciplines apprises et pratiquées à l'Université Laval ­ André Sauvageau se targue d'avoir fait partie de la première équipe de hockey de l'Université, dans les années 1950. "Nous n'étions pas du même calibre que celui du Rouge et Or d'aujourd'hui, mais nous étions quand même une bonne équipe", se rappelle-t-il. En attendant de s'envoler pour le Mexique avec sa femme pour y perfectionner son espagnol durant quelques semaines, il continue de lire et d'écrire. "Le baccalauréat multidisciplinaire m'a permis d'ouvrir une fenêtre sur le monde. Et le monde m'intéresse plus que jamais."