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23 juin 2005

   

Université Laval

Le noir au bout du tunnel

Les conditions d'observation du ciel devraient s'améliorer au Mont Mégantic

par Jean Hamann

Les astrophysiciens qui utilisent l'Observatoire du Mont Mégantic pour réaliser leurs travaux de recherche devraient pouvoir profiter de meilleures conditions d'observation au cours des prochaines années. En effet, les 19 municipalités de la MRC du Granit ont récemment adopté une réglementation sur l'éclairage extérieur dans le but de préserver la qualité d'observation nocturne du ciel dans leur région. Cette décision fait suite aux pressions exercées par les responsables de l'Astrolab, du Parc du Mont Mégantic, de la SÉPAQ et de l'Observatoire du Mont Mégantic.

Les activités de l'Astrolab et de l'Observatoire dépendent fortement de l'obscurité ambiante et les deux groupes s'inquiétaient de la détérioration graduelle des conditions d'observation du ciel en raison de mauvaises pratiques d'éclairage dans la région, pratiques qui étaient au diapason de celles du reste du Québec. "Depuis 1986, c'était visible à l'oeil nu que les conditions empiraient", affirme Gilles Joncas, professeur au Département de physique, génie physique et optique, et directeur scientifique de l'Observatoire du Mont Mégantic. L'éclairage extérieur des fermes et des municipalités environnantes crée un fond lumineux qui rend difficile l'observation des objets célestes de faible luminosité. Si rien n'était fait, l'Observatoire du Mont Mégantic, l'un des mieux équipés au Canada, risquait de devenir inutile pour la recherche.

La nouvelle réglementation, unique au Québec et au Canada, est entrée en vigueur en mai. Elle créera une importante réserve de ciel étoilé en plus de favoriser l'efficacité énergétique. Une première mesure, qui a produit des effets immédiats, est l'extinction de tout dispositif d'éclairage dès 22 h ou hors des heures d'affaires ou d'opération, à l'exception de l'éclairage sécuritaire des rues, des aires publiques utilisées par les piétons, des entrées de bâtiment et des aires d'entreposage. Les autres mesures, qui touchent les dispositifs d'éclairage autorisés, feront sentir leurs effets au fur et à mesure qu'il faudra remplacer les dispositifs actuels. L'objectif du programme est de réduire de moitié la pollution lumineuse d'ici 2006.

La Ville de Sherbrooke devrait emboîter le pas dès l'an prochain en intégrant un règlement sur la pollution lumineuse à son nouveau plan d'urbanisme. "Il s'agit là aussi d'une bonne nouvelle parce que, de l'Observatoire, on voit le dôme lumineux de la ville de Sherbrooke qui est pourtant située à une heure de route du mont Mégantic", commente Gilles Joncas.