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26 mai 2005

   

Université Laval

Thérapie de couple

Les conjoints qui s'épaulent face à un cancer du sein en sortent souvent plus unis

par Jean Hamann

Dans certaines conditions, le cancer du sein peut être un facteur de rapprochement du couple. C'est ce qu'a découvert une équipe de l'Unité de recherche en santé des populations qui a mené une enquête auprès de 282 couples sur la qualité de leur relation un an après un diagnostic de cancer du sein. Dans l'édition du 20 mai du Journal of Clinical Oncology, les chercheurs Michel Dorval, Stéphane Guay, Myrto Mondor, Benoît Mâsse, Maurice Falardeau, André Robidoux, Luc Deschênes et Elizabeth Maunsell rapportent que les deux conjoints de 42 % des couples qu'ils ont interrogés estiment que cette maladie et les traitements qu'elle a nécessités les ont rapprochés. Chez 34 % des répondants, un seul des deux conjoints juge que la maladie a favorisé un resserrement des liens.

Contrairement à une croyance assez répandue, peu de couples ont déclaré que cette maladie a eu un effet dévastateur sur leur relation. En fait, les deux partenaires s'accordent à dire que le cancer du sein les a éloignés dans seulement 1 % des cas. Chez 6 % des couples interrogés, un seul des deux conjoints estime que la maladie a créé une distance dans le ménage. Les autres répondants (16 %) estiment que la maladie n'a pas eu d'effet sur leur couple.

Les chercheurs ont considéré 28 caractéristiques - notamment la satisfaction maritale pré-diagnostic - qui auraient pu servir à prédire la situation du couple un an après l'annonce du cancer. Seulement quatre de ces caractéristiques se sont avérées de bons indicateurs d'un resserrement des liens: considérer sa conjointe comme une confidente, demander conseil à sa conjointe au cours des deux premières semaines qui suivent le diagnostic sur la façon de composer avec cette maladie, accompagner sa conjointe lors de l'intervention chirurgicale, et, du côté de la femme, percevoir que son conjoint lui donne davantage d'affection et de tendresse trois mois après le diagnostic.

Les résultats de l'enquête démontrent donc que non seulement le cancer du sein entraîne rarement un refroidissement dans les rapports entre conjoints, mais que, au contraire, ceux qui s'épaulent dans cette épreuve en ressortent souvent plus unis une année plus tard. La crainte d'être abandonnée advenant un diagnostic de cancer du sein ne semble donc pas appuyée par les résultats rapportés dans l'étude.

Ces conclusions pourraient servir à élaborer un programme de sensibilisation visant à encourager les conjoints à faire face, ensemble, à l'annonce d'un cancer du sein, estiment les chercheurs. Considérant le fait que la qualité de la relation matrimoniale a une influence positive sur la réponse hormonale et immunitaire du corps, cette entraide pourrait même améliorer les chances de guérison des femmes atteintes d'un cancer du sein.