Au fil des événements
 

26 mai 2005

   

Université Laval

Prophecy se réalise

L'équipe de Génie civil fait une razzia à la Compétition canadienne de canoë de béton

par Jean Hamann

Le canoë se nomme Prophecy, mais l'équipe qui l'a conçu pourrait revendiquer le nom de Dynastie. Pour une sixième année consécutive, et pour la huitième fois en 11 ans, une équipe d'étudiants du Département de génie civil de l'Université Laval a remporté la Compétition canadienne de canoë de béton. Le dernier fait d'armes de ces étudiants a eu lieu au Collège St-Clair, à Windsor en Ontario, lors de la première semaine de mai, alors que les porte-couleurs de l'Université ont remporté la 11e édition de cette compétition nationale.

Les représentants de la Faculté des sciences et de génie ont provoqué un véritable tsunami en raflant la première place dans les quatre catégories du concours: exposé oral, rapport technique, produit final et courses. Ils ont obtenu la note maximale dans chaque épreuve, terminant la compétition avec un score parfait de 100. L'équipe de Prophecy a même remporté toutes les courses inscrites au programme.

Rappelons que la Compétition canadienne de canoë de béton vise à couronner l'ingéniosité et le savoir-faire d'étudiants universitaires qui parviennent à construire le canot de béton alliant les meilleures caractéristiques de légèreté, d'hydrodynamique et de résistance. Les juges évaluent la conception et le design des embarcations de même que leur performance lors d'épreuves de vitesse sur plan d'eau.

Joëlle Perrault-Chabot, qui en est à sa deuxième année dans l'équipe de canoë de béton, attribue les récents succès de Prophecy à un savant mélange des ingrédients suivants: une équipe d'étudiants déterminés, un canot bien conçu et bien construit et des rameurs bien entraînés. "Certaines équipes sont fortes dans un domaine seulement mais, de notre côté, nous avons une bonne combinaison des trois éléments", analyse-t-elle. Les membres de l'équipe avaient d'ailleurs choisi le nom de Prophecy pour leur embarcation dans l'espoir de voir tous leurs efforts aboutir à l'objectif qu'ils s'étaient donné en début d'année, soit de tout rafler à la compétition canadienne. "Pendant l'année, plus on travaillait sur le canoë, plus on y croyait, assure-t-elle. La prophétie s'est réalisée."

Quant aux succès à plus long terme de l'équipe, l'étudiante en génie civil les attribue à une méthode de travail propre à l'équipe de l'Université Laval. Contrairement à certaines équipes qui doivent repartir de zéro lorsque les participants expérimentés terminent leurs études, l'équipe de l'Université mise beaucoup sur la relève et sur le transfert de connaissances entre les anciens et les nouveaux. Ainsi, cette année, 11 des 24 coéquipiers de l'écurie Prophecy étaient des recrues. "Nous prenons le temps qu'il faut en début d'année pour bien les former, souligne Joëlle Perrault-Chabot. L'an prochain, ce sera à leur tour de former les nouveaux. Ainsi, nous nous assurons qu'il y a un bon suivi et nous ne connaissons pas d'année creuse." L'étudiante mentionne également le rôle clé joué par les deux conseillers de l'équipe, François Paradis, étudiant-chercheur en génie civil, et Maxim Morency, professionnel de recherche au Centre de recherche en infrastructure de béton, tous deux d'anciens membres de l'équipe de canoë de béton de l'Université.

Seule ombre au brillant tableau de chasse de Prophecy, l'équipe de l'Université ne participera pas à la Compétition américaine de canoë de béton qui aura lieu à Clemson, en Caroline du Sud, à la fin juin. Les responsables de l'événement, chapeauté par l'American Society of Civil Engineers (ASCE) et MasterBuilders Technologies, ont modifié les règles d'admissibilité de sorte qu'aucune équipe de l'extérieur des États-Unis ne prendra part à la compétition en 2005. L'équipe de l'Université, qui avait terminé en 2e place lors des trois dernières années, aspirait à la plus haute marche du podium. "Nous avons entrepris des démarches pour obtenir un chapitre de l'ASCE. Si ces démarches aboutissent, nous pourrons participer à la Compétition américaine de canoë de béton dès l'an prochain", espère Joëlle Perrault-Chabot.