Au fil des événements
 

26 mai 2005

   

Université Laval

Un contexte budgétaire difficile

L'équilibre est maintenu pour les opérations courantes

par Yvon Larose

Pour une troisième année consécutive, l'Université anticipe un budget équilibré pour ses opérations courantes. Les revenus et les dépenses de l'exercice financier 2005-2006 devraient donc s'établir à 409 754 000 $. Réunis en séance ordinaire le 18 mai dernier, les membres du Conseil d'administration ont adopté les budgets de fonctionnement et d'investissement 2005-2006 proposés par le Comité exécutif. Ces documents avaient reçu un avis favorable du Conseil universitaire lors de sa séance du 3 mai.

La majeure partie des revenus, soit un montant prévu de 312,1 millions, sera versée sous forme de subvention par le ministère de l'Éducation du Québec. Cette subvention sera en hausse de 7 millions sur celle de l'année précédente. Une somme de 59,8 millions devrait provenir de la perception des droits de scolarité et autres frais. Ces revenus tiennent compte d'une hausse de 0,75 $ par crédit-étudiant des frais afférents pour les services aux étudiants. Cette hausse vise à répondre à une augmentation des coûts de système, à la hausse limitée de la subvention gouvernementale, et à l'annonce du nouveau projet d'actualisation de la gestion des programmes de prêts et bourses.

Les services rendus à l'extérieur apporteraient, quant à eux, 23,1 millions dans les caisses de l'Université. Les autres subventions et revenus totaliseraient 13,5 millions. Enfin, 1,1 million de dollars proviendrait des excédents des services autofinancés.

Un déficit de 4,7 millions
Dans la colonne des dépenses, la répartition irait comme suit: 285,1 millions à l'enseignement régulier et à la recherche libre, 110,3 millions au soutien à l'enseignement et à la recherche, 10 millions à la recherche, et 4,2 millions au service de la dette. Le déficit accumulé se verrait cependant augmenté de 4,7 millions en 2005-2006 en raison des contributions additionnelles que doit faire l'Université pour compenser les déficits des régimes de retraite et ce, même s'il y a eu une grande collaboration de tous les syndicats et associations pour minimiser ce coût pour l'Université. Cet ajout ferait grimper la dette institutionnelle prévue à 124,5 millions au 31 mai 2006.

Le budget d'investissement 2005-2006 s'élève, quant à lui, à 14,4 millions. De cette somme, 8,2 millions seront affectés aux réaménagements et rénovations, 4 millions iront au mobilier et aux équipements, 1,8 million sera consacré au développement des systèmes d'information, et 400 000 $ financeront les initiatives nouvelles.


Depuis 2001, la grille de financement du ministère de l'Éducation désavantage Laval par rapport aux autres universités québécoises


Un manque de financement
Selon Claude Godbout, vice-recteur à l'administration et aux finances, le contexte budgétaire demeure difficile et fortement affecté par le manque de financement gouvernemental. Qui plus est, deux incertitudes entourent le niveau de ce financement. "D'une part, explique-t-il, le ministère de l'Éducation (MÉQ) songe à modifier le taux de financement de la variation de l'effectif étudiant. Cette orientation pourrait avoir un impact financier négatif, pour 2005-2006, évalué entre deux et quatre millions. Par ailleurs, une nouvelle grille de financement, dont l'implantation semble fort probable pour 2005-2006, pourrait générer des revenus additionnels pour l'Université, jusqu'à 11 millions."

L'actuelle grille de financement du MÉQ désavantage Laval depuis 2001 par rapport aux autres universités québécoises, ce qui prive l'Université d'environ 11 millions par année. Par ailleurs, ladite grille privilégie la croissance de l'effectif étudiant. Or, cette croissance est beaucoup plus grande dans la région de Montréal que dans la grande région de Québec où l'on observe une baisse démographique. En réaction, la direction de l'Université a mis en place plusieurs mesures pour réduire les coûts d'opération. Par exemple, les facultés subissent des compressions à leur budget d'appoint depuis 2000 et les services de soutien, qui ont eux aussi eu à subir des compressions, ont des coûts de fonctionnement de 15 % inférieurs à la moyenne des autres universités québécoises. "Mais, soutient Claude Godbout, ces mesures ne peuvent compenser le manque à gagner qu'a l'Université Laval dû à l'application de la grille de financement actuelle et c'est pourquoi de nombreuses démarches ont été entreprises pour rectifier cette situation d'iniquité."