Au fil des événements
 

12 mai 2005

   

Université Laval

Point final

Les finissants du baccalauréat en design graphique s'affichent jusqu'au 22 mai au dernier étage de l'École des arts visuels

par Pascale Guéricolas

"Se faire voir, être vu." Voilà le thème sur lequel le comité des finissants en design graphique a travaillé une bonne partie de l'hiver. Comme de vrais professionnels de la communication, ils ont mis sur pied un plan de bataille pour inviter le plus d'agences de publicité possibles, que ce soit à Québec et Montréal, à venir voir leur exposition baptisée "Point final".

Première étape, début février, lorsqu'une cinquantaine d'étudiants, un point collé dans le dos, ont envahi le gala de Grafika, la prestigieuse revue de graphisme. À tous ceux qui posaient des questions sur leur étiquette, ils distribuaient une simple carte d'affaires avec l'adresse du Département de design graphique. Seconde étape, la Saint-Valentin. Près de 800 entreprises, agences de publicité, de communication, imprimeries, ont reçu un message, "Laissez-vous séduire", tandis qu'une vingtaine d'agences ont pu déguster une boîte de trois truffes en guise de trois points, remise en mains propres par les étudiants. Pâques a aussi constitué un jalon de ce parcours avec l'envoi de la photo d'un uf noir au milieu d'ufs blancs, et enfin le clou final, l'invitation à l'exposition: "Vous devez y être, point final".

"Toute cette préparation nous a permis de montrer aux étudiants, parfois un peu inquiets à l'idée d'approcher le monde du travail, que c'est un petit milieu où tout le monde se connaît, explique Jack Latulipe, le président du Comité de finissants. Pour la première fois cette année, notre jury se compose de représentants d'agences de publicité de Québec et de Montréal, et va distribuer des bourses pour plusieurs milliers de dollars." Cette année, les 80 étudiants exposent chacun deux projets, parfois trois, en espérant que leurs travaux pourront intéresser de futurs employeurs. Images d'entreprise, édition avec livres et dépliants, photos, illustrations, sérigraphie, sites en ligne, l'exposition témoigne de la diversité du design graphique. Les tendances cette année? Les lignes épurées et le minimalisme, encore et toujours.

L'arbre généalogique de Sébastien Cantin illustre bien ce désir d'aller à l'essentiel pour transmettre l'information. L'étudiant a représenté ses géniteurs sous forme de bulles dont le nom s'estompe à mesure que le lien de parenté s'éloigne de lui. Vue de loin, cette construction de ronds multiples finit par former une image, celle de l'il du graphiste. "J'aime bien produire des documents à double sens, explique ce passionné de typographie, en utilisant souvent des acétates ou des feuilles en transparence pour communiquer des messages. J'ai réalisé, par exemple, un dépliant informatif sur les jeunes Japonais qui s'isolent chez eux en y insérant des graphiques avec plusieurs cercles pour rappeler le drapeau japonais. De plus, le document s'insère dans une pochette de la même façon que ses jeunes s'enferment dans leur appartement." Marie-Lou Levasseur a, elle aussi, eu l'idée de faire coïncider l'objet avec le message qu'il contient. Son calendrier se déroule sur un ruban de couturière pour mieux rappeler qu'il s'agit d'un instrument à mesurer le temps

Des trésors d'imagination
Priscilla Lavoie se passionne, elle, pour la conception d'images de marque d'entreprises. Elle a travaillé en équipe sur les emballages et la papeterie d'un acériculteur qui se distingue en produisant des boissons alcoolisées à base de sirop d'érable. "Nous avons voulu mettre l'accent sur son côté innovateur en dessinant pour l'étiquette une feuille d'érable blanche épurée sur fond doré, explique-t-elle. On a aussi eu l'idée d'uniformiser les bouteilles vendues en choisissant des formes allongées et épurées très actuelles." La finissante a également revu le site Internet d'un vignoble québécois en s'attardant à bien identifier visuellement les différentes sections, afin que l'internaute puisse toujours savoir s'il se trouve dans la partie informative sur la vigne et les procédés de vinification ou dans celle, plus commerciale, présentant les produits à vendre.

L'exposition permet également de prendre la mesure des trésors d'imagination déployés par les communicateurs. "À l'École des arts visuels, on a le loisir de pousser l'exploration sans la pression du temps ou celle du client que nous allons rencontrer sur le marché du travail", constate Marie-Lou Levasseur. La graphiste s'est donc fait plaisir en dessinant une affiche noire et rouge sur les fondements du mouvement futuriste, en utilisant une typographie et des lignes multiples symbolisant le bruit, la vitesse, l'univers technologique d'une époque moderne. Stéphane Noël a pour sa part renoué avec les principes du constructivisme russe pour mettre en valeur sur affiche un groupe de musique allemand des années 1970. Soigneusement découpés puis recollés, ses carrés noirs finissent par former des gratte-ciel très proches de l'imagerie techno actuelle. Comme quoi, il suffit parfois de remonter quelques décennies en arrière pour trouver la modernité.

Vernissage le vendredi 13 mai à 17 h à l'Édifice de la Fabrique. L'exposition se déroule jusqu'au 22 mai, du lundi au vendredi, de 11h à 17 h, au dernier étage de l'École des arts visuels.