Au fil des événements
 

14 avril 2005

   

Université Laval

La bosse du recyclage

Des étudiants de l'École d'architecture veulent redonner sa gloire passée à la station de ski Sainte-Foy

par Pascale Guéricolas

Du 15 au 17 avril, une douzaine d'étudiants de deuxième année de l'École d'architecture, inscrits en atelier de réhabilitation et recyclage, exposent, au Centre des Loisirs Saint-Thomas d'Aquin, 895 rue Myrand, leur vision de la reconversion de la station de ski Sainte-Foy , longtemps surnommée "la bosse Myrand". Et ces futurs architectes proposent rien de moins qu'une nouvelle vocation de sports extrêmes pour cette station, bordée à l'Est par la rue Myrand et au sud par la rue Chapdelaine, qui a longtemps trôné en tête du palmarès des écoles de ski de la province.

Plus d'un millier de jeunes sportifs dévalaient en effet cette pente de quelques centaines de mètres de long sous la houlette d'une cinquantaine de moniteurs dans les années 1970, sans compter les autres skieurs. Ce bel élan sportif hivernal a connu son chant du cygne cependant à la fin de la décennie 1980, alors que la municipalité a modéré ses investissements dans ce genre d'équipements. Une équipe de bénévoles a repris le flambeau pour finalement mettre fin aux activités à l'aube de l'an 2000. Que reste-t-il de cette gloire passée? Les installations des remontées mécaniques et, surtout, un bâtiment en béton d'un étage sans aucune fioriture qui accueillait jadis les skieurs et sert aujourd'hui de local aux patineurs pour se changer.

"L'édifice devait initialement accueillir un second étage, ce qui en fait une structure de base solide à partir de laquelle on peut construire, explique Louis Saint-Pierre, le responsable de l'atelier de réhabilitation et recyclage. De plus, le ski et les sports extrêmes connaissent un regain, ce qui pourrait justifier une rénovation du site. La ville étudie d'ailleurs actuellement certains projets." L'enseignant a donc demandé à ses étudiants, souvent adeptes de la planche à neige ou à roulettes, de penser à une nouvelle façon d'occuper le site, mais surtout de dessiner un bâtiment conforme à une vocation nouvelle.

Certains projets ont mis, par exemple, l'accent sur le toit. Louis Philippe Thibault a ainsi imaginé que les planchistes commenceraient leur descente depuis le sommet du chalet pour finalement atterrir sur la pente en contrebas. "Le toit très pointu et pointé vers le ciel symbolise pour moi l'idée de liberté, d'envol, une structure extrême comme le sport", dit-il. Une idée partagée par Isabelle Henry qui a choisi de déconstruire la structure plane de la couverture actuelle du bâtiment en plusieurs triangles de grandeurs inégales. À ses yeux en effet, cette figure géométrique symbolise l'équilibre, une donnée essentielle dans les sports de glisse ou autour du vélo et des patins à roues alignées qui se pratiqueraient sur le site. L'étudiante a ensuite combiné ces différentes figures géométriques en imbriquant les volumes les uns dans les autres pour finalement produire un centre de ski aux allures de hérisson.

Cap sur la nature
D'autres projets visent à mettre en valeur le potentiel naturel du site. Alain Naud, par exemple, insère de grandes lignes courbes en bois dan l'édifice en béton, rappelant la forme des Laurentides que l'on voit au loin. D'autres étudiants ont travaillé pour leur part à gommer les frontières entre l'intérieur et l'extérieur du bâtiment. Caroline Bérubé a construit ainsi deux grandes murailles de verre autour du chalet pour rendre le lieu plus dynamique et davantage ouvert vers le boisé tout proche. Une idée déclinée aussi dans le projet de Jean-Bruno Morissette où un trottoir bordé de gravelle traverse le bâtiment pour permettre aux planchistes de mieux y pénétrer. "J'ai voulu garder le caractère un peu rough, extravagant, extraverti des sports extrêmes, avec un bâtiment très ouvert sur l'extérieur et dont les garde-corps servent de rampes pour le skate ou le snow".

Le projet d'Émilie Pinard joue aussi sur l'aspect extrême de l'édifice car un de ses murs devient une paroi d'escalade. S'appuyant sur les jardins communautaires et les terrains de tennis existants, Sébastian Jaramillo Giraldo rêve pour sa part d'un chemin d'eau accompagnant les visiteurs du stationnement vers le bâtiment principal, mais aussi d'un parcours de vélo extrême, d'une piscine et de rampes de skate. "J'ai dessiné des passerelles pour permettre d'accéder à l'édifice dont la construction s'ouvre en plusieurs volumes sur l'extérieur", précise-t-il. Des projets à découvrir sur panneaux avant peut-être de les voir se concrétiser dans un prochain aménagement du site.

L'exposition se tient le 15 avril de 19 h 30 à 21 h 0 et les 16 et 17 avril de 13 h à 17 h.