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7 avril 2005

   

Université Laval

Une synergie surmultipliée

Présentement en construction, le nouveau pavillon qui accueillera, l'an prochain, le Centre d'optique, photonique et laser sera une infrastructure de recherche unique au Canada

par Yvon Larose

À l'angle de la rue de la Terrasse et de l'avenue de la Médecine, soit à l'extrémité nord du pavillon Alexandre-Vachon, le nouveau pavillon qui accueillera, en juin 2006, le Centre d'optique, photonique et laser de l'Université Laval (COPL) prend forme un peu plus chaque jour. Le chantier de construction a démarré en novembre dernier. L'édifice qui en sortira aura une superficie de 9 800 mètres carrés. On y fera des recherches sur la science de l'image, les matériaux photoniques, les impulsions laser ultra-brèves et ultra-intenses, et les communications optiques. Sa construction a nécessité un investissement global de 46 millions de dollars, soit 32 millions pour le bâtiment lui-même et 14 millions pour l'acquisition de nouveaux équipements ultramodernes. Les gouvernements du Canada et du Québec assument à part égale 80 % des 41 premiers millions et des partenaires privés financent les 20 % restants. Le Québec assume en outre la construction des bureaux pour un montant de cinq millions. Le nouveau pavillon aura à peu près la hauteur du pavillon Alexandre-Vachon.

"Le bâtiment, dont le nom provisoire est Pavillon d'optique-photonique, sera une infrastructure vouée exclusivement à la recherche et les laboratoires occuperont les deux tiers de sa superficie, explique Réal Vallée, directeur du COPL et professeur au Département de physique, de génie physique et d'optique. Il permettra de regrouper en un seul lieu les chercheurs et les équipements du COPL. L'objectif visé est une meilleure synergie. Ce projet constitue une étape importante dans la mise sur pied d'une École supérieure d'optique-photonique à l'Université Laval."

Vibrations et poussières
Selon Réal Vallée, le Pavillon d'optique-photonique n'aura rien de standard. "Et il aura nécessité énormément de travail de design pour faire en sorte de soustraire les laboratoires aux vibrations et à la poussière", ajoute-t-il. La structure reposera sur le roc, à plusieurs mètres sous le niveau du sol. Des contreforts renforceront les fondations pour donner un maximum de stabilité à l'ensemble. Les planchers des laboratoires, faits de dalles gaufrées et non de dalles pleines, seront à l'épreuve des vibrations.

Unique en son genre au Canada et possiblement au monde, le pavillon disposera de puissantes machines assurant la ventilation optimale des laboratoires. "Les labos seront du type "salle blanche", précise Réal Vallée. Cela implique un changement d'air régulier pour le contrôle de la température, de l'humidité et surtout de la poussière à l'aide de filtres." Des sas donneront accès aux laboratoires et l'accès à ceux-ci se fera à l'aide d'une carte magnétique. Les laboratoires auront trois niveaux de propreté relativement à la poussière. Au niveau le plus faible, le port d'un sarrau sera suffisant. Mais pour pénétrer dans un laboratoire du niveau le plus élevé, la personne devra passer sous un jet d'air qui absorbera la moindre particule de poussière qui se trouvera sur elle.

Des fibres optiques de nouvelle génération
Le nouvel édifice sera doté d'une infrastructure de fabrication de fibres optiques spéciales. Cette infrastructure sera composée d'un système MCVD pour la fabrication de préformes, et de deux tours d'étirement. Ces tours, hautes de près de 12 mètres, permettront aux chercheurs de conduire des projets de recherche d'avant-garde dans le développement de fibres optiques de nouvelle génération dédiées notamment aux applications biomédicales (capteurs à fins endoscopiques, imagerie médicale, etc.). Ces travaux seront menés en collaboration avec des chercheurs d'autres universités ainsi qu'avec des partenaires commerciaux comme l'Institut national d'optique (INO). "La fibre optique sera notre marque de commerce, souligne Réal Vallée. Nous serons le seul centre de recherche universitaire au Canada à en fabriquer pour la recherche." Selon lui, le partenariat qui lie le COPL à l'INO représente une force majeure en termes de recherche, de développement et de commercialisation de la fibre optique. "Une telle concentration d'experts en ce domaine est unique en Amérique du Nord", affirme-t-il.

Le COPL est le plus important centre universitaire de recherche de pointe en optique-photonique au Canada. Il regroupe 20 professeurs de diverses disciplines, plus de 15 chercheurs et stagiaires postdoctoraux et quelque 160 étudiants de niveaux maîtrise et doctorat.