Au fil des événements
 

7 avril 2005

   

Université Laval

Finies les générations perdues

Les cahiers du 27 juin, une invitation à philosopher sur la place publique

par Thierry Bissonnette

Le 24 mars dernier, à la Galerie Rouje, l'équipe des Cahiers du 27 juin lançait un quatrième numéro dans un contexte relativement détendu. Au milieu de deux expositions et des habitués de la galerie, quelques penseurs soucieux d'une inscription sociale de la philosophie rappelaient alors les principaux objectifs de la revue.

Nommés ainsi en référence à l'adoption de la Charte des droits et libertés de la personne (en 1975), Les cahiers du 27 juin veulent d'abord faire écho aux valeurs véhiculées par ce document en publiant des textes traitant "du vivre-ensemble entendu dans un sens large" et en participant à la redéfinition de la gauche québécoise. Éthique et politique sont donc au menu, et ce, à travers des dossiers, des débats, des entrevues et des articles de fond sur la société actuelle. Chaque parution faisant aussi place à une démarche artistique contemporaine, le volume 2 no2 nous permet d'en apprendre davantage sur la très iconoclaste "firme" Doyon/Rivest.

Échanges intergénérationnels
Membre fondateur et rédacteur en chef de la revue, Jocelyn Maclure, professeur à la Faculté de philosophie de l'Université Laval, mentionnait dès le premier numéro la volonté de créer un lieu intermédiaire entre la théorie et la praxis. Tout comme lui, les principaux animateurs de la revue sont nés au début des années 1970 et ont soif d'investir le discours de leur société en favorisant tout d'abord les échanges disciplinaires et générationnels. Trêve donc de ces "générations perdues" ou X dont la prétendue exclusion sert souvent d'alibi au refus de s'engager et de dialoguer.

Témoignant bien de cet engagement, le nouveau numéro a comme pièce de résistance un dossier sur la société de consommation. Alors que Joseph Heath et Andrew Potter désamorcent une rhétorique anti-consommation sujette à se contredire, Carle-Bernier Genest nous entretient notamment du commerce équitable, alors que Wayne Norman place la question du côté des mégafirmes en prenant l'exemple du scandale Enron. À la suite de ces contributions, la chroniqueuse de La Presse Sophie Cousineau répond à l'invitation qui lui a été faite de clore le dossier en prenant position sur les articles précédents.

Dans le cadre d'un partenariat avec la Chaire de recherche et d'enseignement "La philosophie dans le monde actuel" de l'Université Laval, dirigée par Thomas De Koninck, ce dernier effectue un retour sur le rapport Parent pour mieux exprimer son point de vue sur l'éducation. Partisan d'un humanisme réactualisé, il insiste sur la relation dynamique que devraient entretenir spécialisation et formation générale afin de former des citoyens authentiques.

Soulignons également l'entretien avec Paul Gérin-Lajoie, constitutionnaliste qui fut le premier à occuper le poste de ministre de l'Éducation au Québec. Tout comme l'article de Thomas De Koninck, ce document tombe à point pour alimenter la réflexion active qui a cours depuis quelque temps dans le milieu scolaire. Pour en savoir davantage avant de se procurer un exemplaire des Cahiers, ou pour connaître le contenu des numéros précédents, on peut consulter le site www.cahiersdu27juin.org.