Au fil des événements
 

17 mars 2005

   

Université Laval

Du cyclisme utilitaire en milieu urbain

Univert Vélo propose un tracé de piste cyclable pour le 400e anniversaire de la ville de Québec

par Yvon Larose

Pour souligner, en 2008, le 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec, Univert Vélo, le regroupement qui fait, à l'Université Laval, la promotion du vélo comme moyen de transport, y va d'une proposition qui se veut à la fois utile, accessible au plus grand nombre, riche en symboles et réaliste sur le plan du financement. Il propose la construction, au coût d'un million de dollars, d'une piste cyclable reliant la cité universitaire au Vieux-Québec via le boulevard René-Lévesque, et utilisable douze mois par an.

L'annonce a été faite le mardi 15 mars lors d'un "cinq à sept" au Pub universitaire, dans le cadre de la Semaine de l'environnement à l'Université Laval. Le tracé proposé commencerait un peu avant le campus, sur la piste cyclable déjà existante du boulevard Hochelaga. Après avoir traversé la cité universitaire et être passée devant les pavillons Paul-Comtois et Alphonse-Desjardins, la piste cyclable emprunterait le boulevard René-Lévesque et ce, jusqu'à l'Hôtel de Ville de Québec, à l'intérieur de l'arrondissement historique. Deux autres options sont envisagées. L'une d'elles consisterait à faire bifurquer la piste cyclable à la hauteur du Collège Saint-Charles-Garnier. Le tracé commencerait à la rue Père-Marquette et serait parallèle au boulevard René-Lévesque. Il aboutirait au Vieux-Québec notamment après avoir emprunté la rue Saint-Gabriel.

"L'infrastructure proposée relierait l'Université avec ses origines qui se trouvent au Petit Séminaire de Québec, ce qui correspondrait à la conception que se fait le maire L'Allier d'un projet en lien avec nos origines françaises, explique Véronique Bouchard, finissante au baccalauréat en agronomie et co-fondatrice d'Univert Vélo. La piste serait aussi un symbole d'unification de la nouvelle ville fusionnée et un symbole de développement écologique en lien, par le côté non polluant du cyclisme, avec le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais surtout, le projet s'alignerait sur ce qui existe déjà dans plusieurs grandes villes d'Europe et d'Amérique du Nord où l'on trouve de nombreux et vastes espaces citoyens en milieu urbain." Le projet a reçu l'appui des organismes Vivre en ville, Accès transports viables, Promo Vélo et Univert Laval, le groupe environnemental formé principalement de membres de la communauté universitaire. La stratégie de promotion dévoilée lors du "cinq à sept" consiste à aller chercher des appuis, à présenter le projet au Conseil de ville de Québec et à faire parler du projet sur le plus de tribunes possibles. "Ce que nous voulons, dit-elle, c'est un axe direct comme à Vancouver, Toronto et Montréal. Dernièrement, la Ville de Montréal annonçait l'ajout de 1,5 million de dollars à son réseau de pistes cyclables utilitaires."

Des exemples éloquents
Les Européens, les Scandinaves et les Français en particulier, se démarquent en matière de transport urbain par vélo. Strasbourg, par exemple, possède un réseau de plus de 300 kilomètres de voies cyclables. Le cas de la ville suédoise d'Uppsala est particulièrement intéressant puisqu'on y trouve une population étudiante de quelque 38 000 personnes, soit l'équivalent de celle de l'Université Laval. Dans cette ville, la majorité des étudiants universitaires se déplacent à bicyclette. "En dépit des rigueurs du climat nordique, les Scandinaves sont de ceux qui supportent le plus le cyclisme utilitaire, indique Véronique Bouchard. La contrainte du climat, souvent évoquée, ne tient donc pas, comme le prouve d'ailleurs la ville de Vancouver où le nombre de cyclistes sur les routes principales menant au centre-ville a presque doublé de 1993 à 1995. En 1998, la ville comptait presque 100 kilomètres de pistes cyclables."

Outre la rigueur du climat hivernal à Québec, l'autre facteur dissuasif habituellement évoqué est le manque de sécurité, une situation due à l'absence d'un véritable circuit cyclable utilitaire. "Ici comme ailleurs sur le continent, le développement urbain est centré sur l'automobile et le cyclisme est d'abord perçu comme une activité récréative familiale, non comme un moyen de transport comme en Europe, souligne Véronique Bouchard. Il est donc nécessaire de fournir des voies sécurisées bien délimitées pour augmenter la masse des adeptes du vélo utilitaire."
Univert Vélo a vu le jour il y a un an. Ce sous-groupe d'Univert Laval a quelque 70 personnes sur sa liste d'envois-courriels. Les projets à venir comprennent, entre autres, des conférences, des ateliers mécaniques et l'installation de casiers sécurisés pour les bicyclettes de valeur. On prévoit également rendre disponibles des trousses d'outils afin de permettre aux cyclistes d'effectuer des réparations mineures lorsqu'ils sont sur le campus.