Au fil des événements
 

17 mars 2005

   

Université Laval

En apesanteur

La troupe de danse Gestuel fête ses vingt ans au Théâtre de la Cité universitaire

par Pascale Guéricolas

Depuis vingt ans, les danseuses et danseurs de la troupe Gestuel appliquent au pied de la lettre le vieil adage "Un esprit sain dans un corps sain". Chaque semaine, une trentaine d'étudiantes et quelques étudiants se réunissent pour le plaisir de bouger leur corps sous la direction de Rosalie Trudel et Céline Khandjian, deux professeures diplômées de l'École de danse de Québec, et aussi pour préparer le spectacle de fin d'année. "C'est vraiment libérateur de danser, témoigne Viviane Bauge, finissante au baccalauréat en enseignement au secondaire. Pendant deux heures, on oublie nos stress, nos tensions, on se retrouve dans une bulle à prendre du temps pour soi." Dans la troupe, certaines n'ont jamais esquissé un pas de danse auparavant alors que pour d'autres ce mode d'expression fait partie de leur vie depuis leur plus tendre enfance passée à prendre la bonne position de ballet devant le grand miroir. Beaucoup ont ensuite opté pour le jazz, avant de se tourner vers la danse contemporaine.

Cette évolution de type de danse correspond d'ailleurs au cheminement de la troupe de l'Université Laval, si l'on en juge par l'exposition de photographies présentée à l'entrée du Théâtre de la Cité universitaire les soirs du spectacle, ainsi que par la présentation des costumes des années précédentes. En effet si le modern jazz se taillait la vedette dans les productions des années 1980 et début 1990, la danse contemporaine a fini par prendre le dessus, avec l'intégration des arts plastiques et de la vidéo. Ce sont d'anciennes élèves de l'École de danse qui ont fondé Gestuel en 1984 pour conserver le plaisir de bouger tout en poursuivant leurs études universitaires. Au fil des ans, la troupe a réussi à faire des échanges avec d'autres universités à l'étranger, notamment à Lyon et à Rennes, ainsi qu'à se produire l'été sur une scène devant l'Hôtel de ville de Québec. "Nous avons découvert ces événements en effectuant des recherches sur l'histoire de la troupe, et cela nous a donné l'idée de mettre en place de nouveaux projets en relançant les échanges par exemple, explique Viviane Bauge. On pense aussi à présenter un numéro dans le prochain spectacle d'Inkindi, la troupe de danse rwandaise de l'Université Laval."

En attendant, les danseuses et les danseurs mettent la dernière main - ou le dernier pied - au spectacle annuel "Des Étaux et des Algues" qui sera présenté les 18 et 19 mars, à 20 h, au Théâtre de la Cité Universitaire. Ce spectacle se compose d'une douzaine de chorégraphies différentes, etChaque groupe présente un numéro concocté par une des professeures, ainsi que des duos, des trios et des solos imaginés par les étudiants. Les débutants, par exemple, ont créé "Organik" avec l'aide de Céline Khandjian, une chorégraphie marquée par la simplicité des mouvements souvent répétés sur fond de musique électronique et de musique du monde, tandis que le groupe intermédiaire danse de façon animale dans "Brume bleue" sous la houlette de Rosalie Trudel. Par ailleurs, cette dernière a construit le numéro des danseurs plus avancés en s'inspirant du roman Les perdants magnifiques de Leonard Cohen. Toujours présent sur scène, le groupe, par sa gestuelle saccadée ou au contraire d'une lenteur respiratoire, illustre l'absurdité de la condition humaine et la capacité de chaque individu à tirer parti de son existence unique. La suite sur les planches du Théâtre de la Cité universitaire.

Les billets sont disponibles, au coût de 10 $, à l'Animation socioculturelle et à l'entrée, le soir du spectacle, au coût de 12 $. L'Animation socioculturelle est située au local 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval.