Au fil des événements
 

17 février 2005

   

Université Laval

COURRIER

" Quand la consultation n'est qu'une façade... "

La communauté universitaire lavalloise a récemment subi tout un affront lors de la séance de son Conseil universitaire du 1er février dernier. Une des questions à l'ordre du jour était le projet de modernisation de la gestion des études. Brièvement, il s'agit de l'implantation d'un tout nouveau logiciel informatique qui touche toute la gestion des dossiers des étudiants et qui viendrait remplacer la version archaïque, Complete, déficiente depuis déjà environ 6 ans. Ce n'est toutefois qu'en septembre 2004 que l'administration universitaire cria à l'urgence de procéder à cette modernisation et surtout à ce qu'on approuve un mode de financement qui refilerait la moitié de la facture de cet ambitieux projet aux étudiants.

Ainsi, le Conseil universitaire devait autoriser d'un côté le début des travaux d'implantation de ce projet d'infrastructure et, d'un autre côté, recommander au Conseil d'administration d'aller chercher 50% du financement dans la poche des étudiant(e)s sous la forme d'un soi-disant partenariat dont ces derniers n'ont eu connaissance qu'en septembre 2004, alors qu'ils siégeaient sur le comité directeur du projet depuis 2002.

Signalons par ailleurs que l'administration de Laval s'est engagée, en 2003, à consulter les étudiants dans le cadre de la création de nouveaux frais de gestion. Cette consultation devait se faire à travers la Commission des affaires étudiantes, instance consultative permanente de l'Université, qui s'est effectivement penchée sur le mode de financement proposé. Composée de sept professeurs et de sept étudiants, cette commission a le mérite de représenter de manière paritaire la communauté universitaire. Son avis est unanime et sans équivoque. " La commission refuse de cautionner une hausse de frais demandée aux étudiants pour pallier le sous-financement public de l'Université Laval par le gouvernement " si souvent dénoncé par le recteur, M. Michel Pigeon. D'autant plus que le vice-recteur exécutif affirme, en pleine séance du Conseil universitaire, qu'aucune autre source de financement n'a été explorée pour le projet. La Commission des affaires étudiantes l'a d'ailleurs relevé dans son avis puisqu'elle " juge que des efforts supplémentaires pour trouver d'autres sources de financement devraient être faits ".

La Commission considère également qu'il ne revient pas aux étudiants de payer pour un projet d'infrastructure (sauf si l'ensemble des étudiants acceptent, par voie référendaire, de le faire tel que dans le cas de la construction du pavillon Alphonse Desjardins en 1996), souvent comparé par le vice-recteur exécutif et la vice-rectrice aux études à la rénovation d'un bâtiment. Il ne faut pas oublier non plus que la hausse des frais de gestion demandée équivaut à 33% du montant de 150 $ actuellement demandé. De plus, dans un projet dans lequel l'administration veut traiter les étudiants comme des partenaires, " la Commission estime qu'aucun réel dialogue n'a eu lieu entre la direction universitaire et les associations étudiantes sur la demande de financement et que cette demande, dans sa forme actuelle, ne constitue pas un véritable partenariat avec les étudiants. "

Même confrontée à la preuve d'un manque d'efforts mis en relief par une commission officielle et paritaire, l'administration lavalloise souhaite imposer ces frais. Ceci vient bafouer tous les efforts de la communauté universitaire à se faire écouter et entendre par la très haute administration. La Commission des affaires étudiantes apparaît ici comme une instance bidon qui n'aura servi qu'à justifier les prétentions du recteur qui dit depuis le début de son mandat vouloir consulter et écouter les membres de l'institution sous sa direction.

Plusieurs acteurs de la communauté universitaire, que ce soit les étudiants, les professeurs ou les chargés de cours, n'en sont pas à leurs premières récriminations en ce qui a trait aux consultations. Le dernier incident est la goutte qui fait déborder le vase. La communauté universitaire, sa crédibilité auprès de l'administration et dans les instances et son désir de participer réellement au développement de cette grande Université ont été bafoués une fois de trop.

Ainsi, les instances de l'AELIÉS et de la CADEUL, réellement consultées et écoutées, ont donc chacune adoptée à l'unanimité une position de boycott des instances consultatives de l'Université Laval en réaction à la fermeture de l'administration face aux consultations qu'elle-même demande.

Nous exigeons que l'avis unanime de la commission des affaires étudiantes soit pris en considération et que des efforts sérieux soient déployés afin de trouver d'autres sources de financement.

Nous exigeons qu'une nouvelle entente soit négociée avec les étudiant(e)s afin que la consultation des étudiant(e)s ne serve pas uniquement de paravent à des décisions déjà prises et que l'administration tienne vraiment compte de l'avis des étudiant(e)s.

Nous exigeons que ces frais soient enlevés si l'Université Laval recevait un financement de la part du gouvernement.

Nous exigeons plus de sièges sur les instances décisionnelles tels le Conseil universitaire et le Conseil d'administration afin de diminuer les risques qu'une telle situation se reproduise et afin que la voix étudiante et de la communauté en général soit réellement écoutée lors des consultations.

AELIÉS (Association des Étudiantes et des Étudiants de Laval Inscrits aux Études Supérieures)
CADEUL (Confédération des Associations des Étudiants de l'Université Laval)