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17 février 2005

   

Université Laval

Gros sur le coeur

L'avenir est sombre pour les personnes obèses qui ont une maladie cardiovasculaire

par Jean Hamann

Les personnes qui sont atteintes d'une maladie cardiovasculaire et qui accusent un surplus de poids, surtout à l'abdomen, auraient tout intérêt à perdre rapidement leur embonpoint si elles tiennent à la vie. C'est la conclusion qui se dégage d'une vaste étude internationale, dirigée par Gilles Dagenais, du Centre de recherche de l'Hôpital Laval, publiée dans la dernière édition de la revue scientifique American Heart Journal.

On savait déjà qu'une hausse de l'adiposité augmentait les risques de maladie cardiovasculaire chez les personnes en santé, mais les pronostics chez les personnes vivant avec une maladie cardiovasculaire stable n'avaient pas été clairement définis. Pour tirer la question au clair, l'équipe dirigée par Gilles Dagenais a recruté 8 800 sujets canadiens, américains, européens, mexicains, argentins et brésiliens atteints de maladies cardiovasculaires, mais dont l'état de santé était stable. Les chercheurs ont mesuré l'indice de masse corporelle, le rapport taille/hanche et le tour de taille chez chaque sujet et ils ont classé les participants en trois groupes en fonction de leur adiposité (basse, moyenne, élevée).

Au cours des quatre années qui ont suivi, 1 614 sujets ont subi un nouvel accident cardiovasculaire et 1 034 sont décédés. Les risques de mortalité étaient respectivement 32 % et 17 % plus grands chez les sujets présentant un rapport taille/hanche élevé et un tour de taille élevé que chez ceux du groupe "bas" correspondant. Quant aux risques d'infarctus, ils étaient environ 20 % supérieurs chez les sujets du groupe adiposité élevée que chez ceux du groupe de faible adiposité, et ce pour les trois indices considérés.

"L'obésité abdominale et, à un moindre degré, l'indice de masse corporelle aggravent les pronostics pour les personnes qui vivent avec une maladie cardiovasculaire, concluent les chercheurs. La perte de poids devrait donc être intégrée au traitement de ces patients."