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10 février 2005

   

Université Laval

Mémoire en 3D

Le prochain boom des technologies de l'information viendra peut-être de l'holographie

par Jean Hamann

Le stockage holographique de l'information est sur le point de faire son entrée sur le marché et ce procédé risque d'engendrer une petite révolution dans le monde des technologies de l'information. C'est du moins la prédiction qu'a faite le professeur Roger Lessard, à l'occasion d'une conférence grand public de la Faculté des sciences et de génie, présentée le 2 février devant une centaine de personnes. Le directeur du Département de physique, génie physique et optique, lui-même expert en holographie, faisait référence à la mise au point d'un prototype de lecteur d'hologrammes, annoncée en janvier par InPhase Technologies, un spin-off de Bell Labs.

La firme américaine estime que sa technologie permettra de stocker 2 gigabits d'information sur un élément de mémoire de la grosseur d'un timbre, et 20 gigabits sur l'équivalent d'une carte de crédit. En guise de comparaison, les ordinateurs récents possèdent des mémoires de 60 gigabits. InPhase prévoit que son système permettra d'emmagasiner jusqu'à 1,0 térabit d'information sur un disque compact. "Ça équivaut à la capacité actuelle de stockage de 356 DVD", précise Roger Lessard. Cette percée aura des implications énormes pour l'enregistrement, l'édition, la distribution et l'archivage d'information, qu'il s'agisse de données, d'images ou de trames sonores. "Rien ne s'oppose à ce que des lecteurs holographiques soient éventuellement intégrés aux ordinateurs personnels", ajoute-t-il.

Au cours des dernières décennies, la mémoire holographique s'est développée de front avec l'électronique, mais elle accusait toujours un retard qui en repoussait les applications. "Là, ça s'en vient, affirme le professeur Lessard. D'une part, nous sommes rendus à la limite de ce que l'électronique peut faire. D'autre part, le développement de milieux enregistreurs d'hologrammes fabriqués en polymères a fait débloquer les choses en plus d'abaisser les coûts de cette technologie. D'ici deux ans, des systèmes holographiques seront sur le marché", prédit-il.
D'autres entreprises suivent cette piste prometteuse. Le professeur Lessard a lui-même contribué à la venue, à Québec, de la firme Lumistor, qui travaille au développement de nouveaux types de mémoires holographiques. "Lumistor vise surtout le domaine des films et des jeux", précise le chercheur, qui collabore étroitement aux travaux de l'entreprise.