Au fil des événements
 

3 février 2005

   

Université Laval

Promesses du projet l'École éloignée en réseau

par Renée Larochelle

Lorsque l'école du village ferme ses portes, c'est l'âme même de la communauté qui s'envole. Les jeunes adultes qui auraient voulu y élever leur famille quittent l'endroit et s'en vont en ville. D'autres parents décrochent bien avant, simplement parce qu'ils estiment que l'éducation offerte à leurs enfants n'est pas d'aussi bonne qualité que celle qu'on trouve en milieu urbain.

Et s'il existait un moyen pour que la petite école de village reprenne ses lettres de noblesse et assure des services éducatifs d'aussi bonne qualité qu'en milieu urbain? C'est de ce questionnement qu'est né le projet École éloignée en réseau (ÉÉR), dont l'initiative revient au ministère de l'Éducation du Québec et au Centre francophone de recherche d'informatisation des organisations (CEFRIO). Une quarantaine d'écoles faisant partie de trois commissions scolaires (Portneuf, Cantons-de-l'Est, Baie-James) ont été associées à ce projet-pilote lancé en 2002.

La principale chercheuse de ce projet, Thérèse Laferrière, est professeure au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage à la Faculté des sciences de l'éducation. "Par une approche conjuguant technologie et pédagogie, le projet a permis d'expérimenter, dans trois milieux scolaires éloignés, la mise en réseau de classes, d'enseignants et d'élèves, explique-t-elle. Au moyen de technologies de l'information comme la vidéoconférence sur Internet et les forums électroniques, des élèves ont pu interagir avec d'autres élèves situés dans des classes d'autres écoles et ainsi vivre des situations d'apprentissage."

Selon Thérèse Laferrière, la mise en réseau offre beaucoup de possibilités pour la réalisation d'activités scolaires, que ce soit en sciences, en géographie, en histoire, en mathématiques, en français ou en anglais, le tout branché sur le monde, en quelque sorte. Les élèves peuvent aussi transmettre des informations, partager des connaissances avec les élèves d'autres écoles, rôle traditionnellement dévolu à l'enseignant. Sans compter un échange de connaissances très stimulant entre élèves et enseignants.

"Pour les parents, le projet est vu comme un moyen permettant à leurs enfants de s'ouvrir davantage sur le monde, d'entrer en contact avec d'autres jeunes et de briser leur isolement", constate la chercheuse qui rappelle toutefois que certaines conditions sont incontournables pour la réussite d'un projet de ce type. "L'une de ces conditions est que le directeur ou la directrice de l'école soit porteur du projet et qu'il soutienne les gens concernés. En somme qu'il réponde: "présent"."