Au fil des événements
 

3 février 2005

   

Université Laval

L'urgence d'agir


Gravement sous-financée, l'Université entend moderniser son système informatique de gestion des études avec la contribution financière des étudiants

par Yvon Larose

Un projet de 26 millions de dollars étalé sur dix ans, visant à moderniser le système informatique de gestion des études de l'Université, aura comme particularité, s'il est approuvé par le Conseil d'administration à sa séance du 16 février prochain, d'être financé à 50 % par les étudiants sous forme de frais technologiques de 1,65 $ du crédit étudiant. Ainsi en ont décidé les membres du Conseil universitaire, au terme d'un long débat en séance ordinaire, et par un vote très serré de 23 voix à 21, le mardi 1er février, à la suite de la recommandation de la vice-rectrice aux études Christiane Piché.

La contribution étudiante envisagée atteindrait 1,3 million $ par an, soit 24,75 $ par session de 15 crédits. "Notre demande est raisonnable, a indiqué Christiane Piché. Les autres universités québécoises qui ont procédé à la modernisation de leur système de gestion des études et qui ont instauré des frais technologiques exigent le quadruple des frais que nous demandons. Ils sont de 87 $ par session de 15 crédits à l'Université McGill et de 105 $ à HEC Montréal." Si Laval envisage un financement en partenariat avec ses étudiants, c'est qu'elle souffre d'un grave sous-financement. De plus, elle ne pourra financer ledit projet qu'à hauteur de 1,3 M $ annuellement, à partir d'une enveloppe budgétaire versée chaque année par le ministère de l'Éducation du Québec pour le développement des systèmes informatiques.

Un appui rassurant
Les membres du Conseil universitaire ont également donné un appui très clair, à 36 voix contre neuf, à la recommandation de la vice-rectrice aux études portant sur le démarrage des travaux dans les meilleurs délais. "Il est important de rappeler qu'il s'agit d'un dossier extrêmement important pour le développement de l'Université Laval, et qu'à ce titre, l'appui fortement majoritaire des membres du Conseil est rassurant et enthousiasmant", explique Christiane Piché.
L'actuel système informatique de gestion des études effectue annuellement plus de 53 000 demandes d'admission, plus de 16 000 changements de programmes et de cycles, et plus de 300 000 inscriptions à des activités. gé de plus de vingt ans, ce système vieillissant apparaît maintenant désuet et peu fiable. Il ne répond plus efficacement aux besoins de suivi des dossiers étudiants. Et il est caractérisé par une grande lourdeur administrative. Ses problèmes ont entraîné une prolifération de systèmes parallèles dans les facultés. "Il y a une urgence d'agir, a affirmé Christiane Piché. Tout retard augmente les coûts du projet et le risque de bris de fonctionnement." La solution technologique retenue, le logiciel de la société SunGard SCT, est utilisée à grande échelle en Europe aussi bien qu'en Amérique du Nord. "Nous voulons une information intégrée, pertinente, cohérente, interactive, dynamique et centrée sur les besoins des étudiants", a précisé la vice-rectrice aux études.

L'avis de la Commission des affaires étudiantes
La Commission des affaires étudiantes a émis un avis sur le projet de modernisation et son président, Bernard Garnier, en a fait la présentation devant le Conseil universitaire. À l'unanimité, les membres de la Commission recommandent le rejet de la demande de financement en partenariat avec les étudiants. "La Commission, est-il écrit, reconnaît la pertinence de moderniser le système de la gestion des études. Toutefois, elle considère injustifié que ce type de dépenses d'infrastructures soit facturé aux étudiants. Elle juge que des efforts supplémentaires pour trouver d'autres sources de financement devraient être faits." Un point de vue que partagent notamment les deux principales associations étudiantes de l'Université, la CADEUL et l'AELIÉS, lesquelles déplorent que le Conseil universitaire n'ait pas davantage tenu compte du point de vue de la Commission. "Ce n'est pas le rôle de l'étudiant de financer des infrastructures, soutient Olivier Cournoyer Boutin, président de la CADEUL. Après, ce sera quoi?" Pour Christiane Piché, le vote serré indique que l'avis de la Commission a été entendu par les membres du Conseil. "Ce résultat, ajoute-t-elle, indique aussi qu'il sera très important de bien expliquer à tous les membres de la communauté universitaire les enjeux financiers reliés au financement de ce projet et surtout de maintenir les liens avec les étudiants de manière à préserver la collaboration que nous avons établie dans plusieurs dossiers."