Au fil des événements
 

20 janvier 2005

   

Université Laval

Justice et citoyenneté pour quels peuples et quelles nations?


Le mercredi 26 janvier, à 14 h, dans le local 4 de la cinémathèque du pavillon Jean-Charles-Bonenfant, se déroulera une table ronde sur la question "Justice et citoyenneté pour quels peuples et quelles nations?". Pour l'occasion, Diane Lamoureux, professeure au Département de science politique, animera la discussion à laquelle participeront Gilles Bibeau, du Département d'anthropologie de l'Université de Montréal, Jean-Guy Goulet, de la Faculté des sciences humaines de l'Université d'Ottawa, et Denis Gagnon, de la Chaire de recherche du Canada sur l'identité métisse au Collège universitaire de Saint-Boniface.

L'anthropologie contemporaine doit plus que jamais réfléchir et se positionner relativement aux quêtes de justice des peuples et groupes avec lesquels elle est en relation. Quoique l'anthropologie ait intégré assez récemment la question de la justice à son domaine de recherche, les significations que les anthropologues lui accordent sont sans doute aussi variables que celles que lui confèrent les divers peuples de la planète.

On peut se demander ce que signifie véritablement cette notion de justice sociale maintenant pour l'anthropologie dans un monde marqué par la croissance des inégalités, la violation des droits humains, la violence structurelle et la marginalisation d'un nombre toujours croissant d'individus. On peut aussi se demander ce qu'il advient des revendications des peuples pour qui les questions de nation, de territoire, de citoyenneté sont fort différentes et ne représentent pas nécessairement, même à l'intérieur de l'espace canadien et québécois, un idéal de justice et a fortiori de justice sociale.

Et au Canada?
Parmi l'ensemble des nations, le Canada s'est placé à l'avant-scène de la défense d'une meilleure justice sociale pour tous, en intégrant entre autres la Charte des droits et libertés à la Constitution canadienne. Grâce à sa tradition pacifique, le Canada donne l'image d'un pays qui défend la paix et la sécurité, qui respecte le droit humanitaire, accueille les réfugiés et est relativement ouvert aux flux migratoires internationaux. Récemment, il a assoupli certaines de ses lois afin de proposer des voies de réparation et de meilleures garanties aux Premières Nations et aux Métis, bien qu'un chemin énorme reste à parcourir.

Le Canada, au-delà de sa performance en ce qui concerne les droits humains, reste aux prises avec ceux qui représentent l'ombre de la nation canadienne, c'est-à-dire tous les groupes marginalisés en raison de leur statut de pseudo-citoyens (autochtones et métis) ou de non-citoyens (réfugiés, immigrants, demandeurs de statut). Comment penser le droit et la citoyenneté pour ces groupes révélateurs des vrais enjeux de la justice sociale dans le Canada et le Québec d'aujourd'hui? Comment l'anthropologie, à partir de sa tradition, de ses développements théoriques actuels mais aussi des apports des ontologies diverses qui la défient contribue-t-elle à éclairer cette question?
Cette table ronde sera suivie, à 17 h, du lancement de l'édition électronique de la revue Anthropologie et Sociétés au Salon des nouveautés de la Bibliothèque des sciences humaines, local 1361).