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6 janvier 2005

   

Université Laval

Marche de santé

La technologie n'est pas indispensable à tous les programmes de réadaptation, suggère une étude du CIRRIS

par Jean Hamann

Un programme de réadaptation ne doit pas forcément reposer sur un arsenal technologique sophistiqué pour produire de bons résultats. C'est ce que démontrent les chercheuses Carol Richards, Francine Malouin, Gina Bravo, Francine Dumas et Sharon Wood-Dauphinee, du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS), dans un article qui paraît dans l'édition de décembre de la revue scientifique Neurorehabilitation & Neural Repair.

Les chercheuses du CIRRIS ont étudié un groupe de 63 personnes qui éprouvait des problèmes de locomotion à la suite d'un accident cérébrovasculaire. Ces personnes ont suivi un programme de réadaptation de huit semaines, à raison de cinq jours par semaine, dans deux centres spécialisés de la région de Québec.

Le programme d'exercices qui leur avait été prescrit s'inspirait de la physiothérapie orientée vers la tâche. "Plutôt que d'utiliser les réflexes ou de faire exécuter des mouvements passifs aux personnes, on les fait pratiquer des mouvements qu'ils devront réellement exécuter pendant la marche", explique Carol Richards. La moitié des participants effectuait les exercices à l'aide d'appareils technologiques de réadaptation comme un tapis roulant, un senseur de charge et un appareil Kinetron. Cet appareil, d'une valeur de plus de 50 000 $ US, permet de pratiquer la marche en position assise, en contrôlant différents paramètres. L'autre groupe effectuait un programme d'exercices similaire sans toutefois avoir recours à ces appareils.

Après huit semaines, les deux programmes avaient livré leurs fruits: la vitesse de marche des patients de chaque groupe, qui était similaire au départ, avait doublé. Par ailleurs, les chercheuses ont constaté que le recours aux appareils technologiques n'avait pas apporté de bénéfices supplémentaires aux sujets.

"Pour les problèmes de marche après un accident cérébrovasculaire, les appareils technologiques peuvent être utiles, mais ils ne sont pas essentiels", résume Carol Richards. La chercheuse précise toutefois que certains appareils, notamment le tapis roulant, permettent d'optimiser le temps que les thérapeutes passent avec leurs patients. "Dans le cas présent, la disponibilité des appareils n'est pas une contrainte pour offrir le programme de réadaptation. Ce qui compte, c'est la qualité du programme et le temps de pratique que les patients y mettent. Lorsque les patients peuvent pratiquer par eux-mêmes sans avoir recours à des appareils, ils peuvent investir plus de temps dans leur réadaptation."