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28 octobre 2004

   

Université Laval

Les sports

L'adieu au gazon

L'équipe championne de golf Rouge et Or entreprendra bientôt son entraînement hivernal

par Paul Langlois

Championne québécoise en féminin et en masculin cet automne, l'équipe de golf Rouge et Or entreprendra bientôt son entraînement hivernal, avec tous les désavantages que cela comporte.
La situation géographique de la région de Québec, on le sait, est loin de favoriser la pratique du golf à l'année. Comment le Rouge et Or surmonte-t-il ce handicap? "Nous profitons de cette période de l'année pour travailler plus spécifiquement la technique, répond l'entraîneur-chef Frédéric Théberge. Depuis la fin de l'été, nous nous sommes entraînés au Club de golf Royal Québec et nous avons eu des compétitions au Québec et sur la côte est américaine depuis la rentrée scolaire. Nous nous préparons maintenant pour l'entraînement intérieur, dans une salle de squash et au Stade couvert du PEPS. On reverra du vrai gazon en mars lorsqu'on ira en Caroline pour notre camp d'entraînement annuel."

Vaincre les Américains chez eux
Le coach du Rouge et Or est par ailleurs très fier de ce que son équipe réussit à accomplir au Québec et surtout aux États-Unis. "C'est tout un défi pour nous de performer face aux Américains, dit-il. Nous ne profitons pas de la même accessibilité aux terrains de golf. D'abord à cause des conditions climatiques, mais aussi à cause du manque de place dans les terrains de la région qui sont occupés la plupart du temps par leurs membres. De plus, nous n'avons pas encore à Québec de terrain pouvant accueillir des championnats professionnels, le type de parcours sur lequel on doit compétitionner aux États-Unis et dans les autres provinces canadiennes. Pour se donner de meilleures chances de performer, nous devons faire plusieurs voyages sur la côte est américaine pour une dizaine de tournois et un camp d'entraînement d'une semaine. Ces voyages augmentent considérablement nos dépenses et demandent par le fait même beaucoup d'organisation."

La situation géographique de Québec rend également le recrutement d'athlètes plus difficile, plusieurs bons joueurs étant tentés par des invitations de nos voisins du sud qui leur offrent le golf à l'année. "Je ne décourage pas les jeunes d'aller étudier aux États-Unis, mais ce que je déplore c'est qu'il y en a plusieurs qui quittent le Québec pour des programmes académiques de moins bonne qualité que ce que peut offrir l'Université Laval. Nous sommes dans une excellente institution et nous avons l'un des meilleurs programmes de golf au Canada qui n'a rien à envier aux Américains à part le climat", mentionne Théberge qui est à la tête de l'équipe de golf Rouge et Or depuis sa création en 2000. "Aux États-Unis, on remporte régulièrement des tournois de la NAIA (National Association of Intercollegiate Athletics) et de la NCAA (National Collegiate Athletic Association)", souligne-t-il, en faisant référence, entre autres, à la belle victoire de son équipe à un tournoi de première division de la NCAA qui regroupait treize équipes dans la région de Boston en fin de semaine dernière.

D'excellents golfeurs en région
Le Rouge et Or réussit tout de même à attirer des golfeuses et golfeurs de haut niveau. On n'a qu'à penser à Benjamin Noël, Marc-André Perreault et Gabrielle Dugré, tous trois originaires de l'Abitibi, qui ont joint les rangs de l'équipe cet automne. "Il y a, explique Théberge, d'excellents jeunes golfeurs au Québec et, curieusement, la plupart proviennent des régions. Pourquoi? Parce qu'ils ont la chance d'avoir accès plus facilement aux terrains de golf, ceux-ci étant moins achalandés et moins coûteux que ceux des villes. De plus, ces jeunes sont souvent plus facilement appuyés financièrement par leur communauté que peut l'être un jeune athlète vivant dans une plus grande ville."

L'entraîneur-chef du Rouge et Or estime qu'il a présentement entre les mains la meilleure équipe de golf de l'histoire du programme. "Avec les titres provinciaux en féminin et en masculin, une victoire dans la NCAA division I, deux dans la NCAA division III et une autre dans la NAIA, nous sommes gonflés à bloc pour entreprendre notre entraînement intérieur. Nous savons que nous sommes à la hauteur et nous arriverons confiants au Championnat canadien à Victoria le printemps prochain", conclut-il.