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28 octobre 2004

   

Université Laval

Traitement du cancer de la prostate

Nouveau test diagnostique

Une étude multicentrique dirigée par le Centre de recherche en cancérologie démontre l'efficacité d'un test faisant appel à un ARN spécifique à ce type de cancer

par Jean Hamann

Un article publié dans un récent numéro de Urology par une équipe multicentrique laisse présager qu'un test mis au point par DiagnoCure, une entreprise biotechnologique de la région de Québec, pourrait combler les lacunes du test le plus utilisé présentement pour diagnostiquer le cancer de la prostate, et peut-être même le remplacer un jour. Ce nouveau test, appelé uPM3, permet de diagnostiquer le cancer de la prostate avec beaucoup plus de spécificité que le test du PSA sanguin (Prostate Specific Antigen), présentement utilisé en clinique, révèle l'étude menée auprès de 517 hommes.

Le test uPM3 permet de conclure correctement à la présence ou à l'absence du cancer de la prostate dans 81 % des cas, alors que la performance du test du PSA sanguin s'établit à 45 %, a démontré l'équipe dirigée par Yves Fradet, professeur à la Faculté de médecine, directeur du Département de chirurgie, membre du Centre de recherche en cancérologie de l'Université, et également directeur scientifique chez DiagnoCure. Le test uPM3 détecte la présence d'un gène associé au cancer de la prostate, le PCA3, dans un échantillon d'urine obtenu après palpation de la prostate par un médecin. Cette procédure libère des cellules de la prostate qui se retrouvent ainsi dans l'échantillon d'urine servant aux analyses.

Le gène PCA3 est surexprimé dans 95 % des cas de cancer de la prostate, ce qui explique pourquoi il est plus spécifique que le test du PSA sanguin. "Vingt pour cent des hommes qui ont un PSA normal ont un cancer de la prostate, souligne Yves Fradet. Inversement, environ 75 % des hommes qui ont un PSA élevé n'ont pas de cancer."

Droits mondiaux exclusifs
Le professeur Fradet est responsable de la conception du test uPM3 qui a été développé par DiagnoCure. Cette compagnie de Québec détient les droits mondiaux exclusifs sur les applications diagnostiques et thérapeutiques du gène PCA3. DiagnoCure a accordé une licence de commercialisation pour un test de dépistage du gène PCA3 à la compagnie américaine Gen-Probe. Elle recevra des redevances de 16 % sur les ventes, sauf pour les premiers 50 M$ où le taux sera de 8 %. Le test devrait être mis en marché au milieu de l'année 2005 et les projections optimistes établissent son marché potentiel à environ 8 milliards de dollars par an.

Seule ombre au tableau, chaque test uPM3 coûte 100 $, alors que les tests de PSA sanguin valent entre 5 $ et 50 $. Par contre, comme l'uPM3 offre une meilleure performance, il réduit considérablement le nombre de biopsies pratiquées inutilement sur des hommes qu'on croit faussement atteints du cancer. Cette plus grande spécificité se traduirait non seulement par des économies substantielles pour le système de santé, mais aussi par des millions d'heures de stress, d'anxiété et d'angoisse en moins pour les hommes qui subissent un test de dépistage du cancer de la prostate.