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30 septembre 2004

   

Université Laval

Ce tramway que l'on désire

Québec aurait tout avantage à remplacer le Métrobus par un moyen de transport en accord avec le développement urbain durable

par Yvon Larose

Chaque jour à Québec, les véhicules du réseau Métrobus transportent quelque 50 000 personnes. Cet achalandage, selon Paul Villeneuve, professeur à l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional de l'Université Laval, justifierait le remplacement des autobus Métrobus par un réseau de tramways. "La demande pour le transport en commun est là et elle est suffisante pour parler d'un tramway à Québec, affirme-t-il. Un tramway se situerait au coeur d'une stratégie de développement urbain durable. Québec a besoin d'un tramway, c'est une solution nécessaire."

Paul Villeneuve a prononcé une conférence, le jeudi 23 septembre au Centre communautaire Lucien-Borne de Québec, sur le thème "Le nouveau tramway: une solution viable pour Québec?". Selon lui, plusieurs arguments militent en faveur du de ce mode de transport. "Son image, dit-il, est excellente, son impact sur le milieu urbain est très fort et la valeur foncière augmente à proximité des stations." Parmi les facteurs favorables à un tramway à Québec, Paul Villeneuve mentionne un début de prise de conscience depuis la signature, en 1997, du Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un autre facteur favorable serait le bilan migratoire positif dans les trois arrondissements les plus urbanisés de Québec. Par exemple, entre 1996 et 2001, l'arrondissement de La Cité a vu sa population passer de 60 015 à 62 110 habitants. Soulignons également le nombre de tronçons congestionnés sur le réseau routier de la ville, qui est passé de quelque 1 950 en 1991, à plus de 2 660 en 2001.

Une nouvelle vision
Un second conférencier, l'urbaniste Richard Bergeron, a insisté sur "le nouveau tramway", un concept qui a pris naissance en France, il y a quelques années, et qui s'est étendu à l'Europe. D'ici 2010, 15 milliards de dollars auront été investis uniquement en France dans la construction de 450 kilomètres linéaires de réseaux de tramways. "Ces projets ne sont pas uniquement axés sur le transport, explique le responsable des analyses stratégiques à l'Agence métropolitaine de transport de Montréal. Ce sont des projets de renaissance urbaine dans lesquels les citoyens se réapproprient la ville." À Strasbourg, en France, le centre-ville est depuis 1994 strictement réservé au tramway, aux piétons et aux bicyclettes. Entre 1990 et 2001, le nombre de déplacements en transports collectifs dans cette agglomération d'environ 450 000 habitants a augmenté de près de 90 %.

Dans un projet déposé en 2003, le Réseau de transport de la Capitale proposait de construire, au coût de 650 millions de dollars, un réseau de tramways de 21,5 kilomètres de long dans l'axe du Métrobus actuel. Ce moyen de transport est à la fois plus confortable et plus rapide que l'autobus (sa vitesse commerciale est d'environ 25 km/h vs 21 km/h pour le Métrobus). Un tramway est aussi moins bruyant (grâce à un roulement doux fer sur fer) et moins polluant (parce que mû à l'électricité). Et la conception modulaire des nouveaux tramways leur permet de se faufiler partout. Enfin, le tramway fonctionne bien l'hiver et revient trois fois moins cher au kilomètre parcouru que l'automobile.