Au fil des événements
 

16 septembre 2004

   

Université Laval

Réflexion, création et recherche

Pour sa troisième édition, l'École internationale d'été de Percé a offert sept formations intensives entre mai et août

par Yvon Larose

"Ce cours a littéralement changé ma vie et ma vision du design. J'ai vraiment l'impression que je pourrai faire avancer notre profession." Ce commentaire éloquent vient de la designer graphique Julie Girard, jeune diplômée du baccalauréat en design graphique de l'Université Laval. Début août, elle participait, avec dix-sept autres personnes, à la classe de maître en design graphique donnée par Ruedi Baur, designer suisse de renommée internationale, à l'École internationale d'été de Percé de l'Université Laval. Durant cette formation créditée de deuxième cycle, les participants, la plupart de jeunes diplômés de Laval et de l'UQÀM, avaient comme tâche de développer une identité visuelle pour un projet fictif: l'Université réseau de Percé, constituée de 18 instituts de recherche. "La technologie était omniprésente dans ce cours", rappelle Sylvie Pouliot, professeure et directrice sortante du programme de baccalauréat en design graphique à l'École des arts visuels de l'Université Laval et co-organisatrice de la classe de maître. "Les participants ont travaillé directement à l'ordinateur. Ils ont fait beaucoup de traitement d'images et intégré différents médiums. Ils ont appris une approche différente à l'identité visuelle."

Une expérience unique
Pour une troisième année consécutive, l'École internationale d'été de Percé a offert des formations intensives à la villa Frederick-James. La programmation s'est déroulée de la mi-mai à la fin août, avec une pause de quinze jours fin juin. Elle comprenait sept cours en arts plastiques, en design graphique, en architecture, en aménagement et en philosophie.

Début juillet, l'artiste québécois René Derouin, récipiendaire du Prix Paul-Émile-Borduas en 1999, a animé un atelier d'une durée d'une semaine intitulé: "Espace mural/observation du territoire". Huit personnes actives dans le milieu de l'art étaient inscrites à cette formation non créditée ouverte au public. Chaque jour, elles passaient environ deux heures à l'extérieur à explorer le territoire environnant pour y découvrir des motifs dans la flore locale, motifs dont elles dessinaient, en noir et blanc, les structures. En atelier, elles polycopiaient ces motifs tout en jouant avec les dimensions. Après, elles construisaient leur murale. "Ce fut une belle réussite et je suis très content du résultat, indique René Derouin. Je voulais leur apprendre ce qu'ils n'avaient jamais fait. Je leur ai enseigné ma recherche à moi. C'est exactement où je suis rendu dans mon travail. Mes élèves devaient aussi penser à intégrer leur uvre à un lieu spécifique. Pour qu'on ait un art du lieu."

Dans les deux dernières semaines d'août, Jean-Marc Narbonne, professeur à la Faculté de philosophie, a donné une classe de maître sur l'esthétisme intitulée "Du beau, de Platon à nos jours". Sur dix participants, cinq provenaient de l'Université Laval. La plupart étaient soit professeurs de cégep ou d'université, soit étudiants aux cycles supérieurs. "Ce fut un séjour merveilleux, souligne Jean-Marc Narbonne. Tous se sont laissé inspirer par la beauté des lieux. Il y avait une synergie entre le thème et l'endroit. Sur le plan de la pédagogie, les participants ont apprécié la proximité avec le professeur. Les étudiants ont aussi aimé étudier avec des adultes. Globalement, ils ont eu l'impression de faire un bond de géant. Depuis mon retour, des dizaines d'étudiants de ma Faculté m'ont dit vouloir aller à Percé l'an prochain."

L'École internationale d'été de Percé est née de l'initiative de Claude Dubé et de Marie-Andrée Doran, respectivement doyen et directrice exécutive de la Faculté d'aménagement, d'architecture et des arts visuels de l'Université Laval. Aux dires du doyen, l'École a connu une belle progression en trois ans dans le nombre, la qualité et la diversité des cours offerts. "Nous pouvons maintenant commencer à consolider les acquis", ajoute-t-il. Chaque année, l'École met à l'essai une nouveauté, comme ce fut le cas cet été avec le cours de philosophie. En 2005, elle pourrait offrir deux cours en parallèle aux cours offerts.