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16 septembre 2004

   

Université Laval

Top chrono!

La retraite prochaine n'empêchera pas Claude Désy de rouler à cent à l'heure

par Renée Larochelle

Le temps de Claude Désy à l'Université Laval est désormais compté. En effet, le coordonnateur du programme des activités d'excellence sportives du Rouge et Or prendra officiellement sa retraite le 1er octobre prochain. Mais ce ne sera pas pour enfiler ses pantoufles, loin de là. À partir de cette date, l'homme pourra se consacrer entièrement à son hobby devenu au fil des ans une passion: le chronométrage.

C'est en organisant des compétitions sportives durant ses études secondaires et collégiales que Claude Désy a eu la piqûre du chrono. Les règlements des sports olympiques n'ayant plus de secrets pour lui, il a été vite repéré puis nommé responsable du chronométrage aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Depuis, l'homme n'a pas cessé d'enchaîner les Jeux olympiques d'hiver et d'été: Lake Placid, Los Angeles, Calgary, Albertville, Atlanta, Sydney, sans compter différentes Coupes du monde en Europe. Il y a deux semaines, Claude Désy revenait d'Athènes où il a agi comme responsable du chronométrage aux compétitions de voile, avec une équipe de 124 bénévoles sous sa supervision. "Le métier de chronométreur ne se limite pas à appuyer sur un bouton, explique Claude Désy. Il faut opérer avec un équipement hautement sophistiqué réunissant ordinateurs, câblages, etc. À Athènes, nous avions cinq tonnes de matériel!"

Un gars qui "Swatch"
L'un des moments les plus intenses de sa carrière de chronométreur, Claude Désy l'a vécu aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984, alors qu'il chronométrait le 100 m à la course. "Je me trouvais à deux doigts du sprinter Carl Lewis qui fonçait à toutes jambes vers le fil d'arrivée. J'entendais la clameur de la foule de 60 000 personnes réunies dans le stade. Je pouvais ressentir ce que ressentaient les athlètes. L'ambiance était électrisante." L'erreur ne lui étant pas permise, Claude Désy fuit la distraction comme la peste lors de ces compétitions qui le mettent en présence des meilleurs au monde, que ce soit en haltérophilie, en ski alpin, en aviron ou en gymnastique.

"Nous ne sommes pas là pour regarder la compétition mais pour bien mesurer le temps, souligne Claude Désy, qui tient en très haute estime l'entreprise qui fait appel à ses services: Swatch. Ce qui ne l'empêche pas d'explorer le coin de pays où il se trouve, entre deux compétitions, ou d'aller prendre une bière avec des arbitres ou des officiels rencontrés lors d'autres jeux olympiques. Avec le temps, ce grand sportif a en effet créé des liens et noué de belles amitiés avec des gens de partout dans le monde. Malgré le fait qu'il ait côtoyé les plus grands athlètes, son admiration va aux étudiants du Rouge et Or, qui font des pieds et des mains pour conjuguer sports et études. Il leur offre support et soutien, dans leur poursuite quotidienne de l'excellence.

"Je connais des étudiants qui commencent à s'entraîner à 6 h le matin, qui suivent leurs cours toute la journée et qui reviennent à l'entraînement avant de se taper de nombreuses heures d'études. Beaucoup travaillent dans un dépanneur ou dans un bar pour gagner leurs études. Je les trouve tout simplement formidables."