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9 septembre 2004

   

Université Laval

Pour une forêt durable

La Faculté de foresterie et de géomatique prône le virage de la connaissance

par Yvon Larose

Créer un bureau du territoire forestier, réviser en profondeur le régime forestier actuel et mettre en place une politique d'intensification de l'aménagement forestier, telles sont les principales recommandations contenues dans le mémoire déposé par Denis Brière, doyen de la Faculté de foresterie et de géomatique de l'Université Laval, devant la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise. Celle-ci a pour mandat de proposer des améliorations qui permettront de bonifier le régime forestier dans une perspective de développement durable.
"La connaissance du territoire forestier est primordiale", affirme Denis Brière qui participait, les 1er et 2 septembre à Montréal, à une table de consultation organisée par la Commission. "Il faut se donner les outils pour mieux connaître le territoire, poursuit-il. Tout part de là. Ça va influencer tous les actes professionnels et toutes les orientations, que l'on parle de vision ou de stratégies. Et il est tout aussi important de mieux connaître le fonctionnement des écosystèmes forestiers."

Une information crédible
Le mémoire de la Faculté de foresterie et de géomatique contient une quinzaine de recommandations. La plus importante consiste en la création d'un bureau du territoire forestier. Cet organisme indépendant serait composé de spécialistes de diverses disciplines et relèverait du ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec. Il produirait les données quantitatives sur le territoire forestier, incluant le suivi des interventions dans les forêts. Le bureau ferait rapport publiquement de l'état des forêts du Québec. Selon Denis Brière, un tel organisme aurait un impact majeur. "Il diffuserait une information crédible, objective et non biaisée politiquement, soutient-il. Elle existe déjà en grande partie. Mais le public accorde peu de crédibilité à ce que dit le gouvernement et encore moins à ce que dit l'industrie."

Le régime forestier actuel est basé sur la notion de rendement soutenu. Aux dires du doyen, ce régime respecterait davantage les valeurs d'aujourd'hui, comme la conservation de la biodiversité et la conservation de la qualité de l'eau, s'il s'appuyait plutôt sur la notion d'aménagement par objectifs. "L'on pourrait faire beaucoup plus, indique-t-il. Mais des prémisses, dans le régime forestier, empêchent d'innover."

Il qualifie par ailleurs de cruciale l'adoption d'une politique d'intensification de l'aménagement forestier. Une telle politique favoriserait la croissance du bois à l'hectare par an. "Il faut arrêter de penser qu'on ira chercher le bois de plus en plus au nord, dit-il. Si nous ne prenons pas ce virage, nous nous dirigeons vers une pénurie de matière ligneuse pour la plupart des usines de transformation."

Laval bien présente
Parmi les quelque 300 mémoires et avis reçus par la Commission, quatre autres provenaient de l'Université Laval. Les signataires étaient le consortium de recherches sur les affaires électroniques pour l'industrie des produits forestiers FOR@C, la Chaire de recherche industrielle sur les bois d'ingénierie structuraux et d'apparence, le professeur Gilles Lemieux du Département des sciences du bois et de la forêt, et l'Association des étudiants en foresterie. On peut consulter les mémoires à l'adresse suivante: www.commission-foret.qc.ca. Soulignons également la présence, parmi les commissaires, de trois professeurs de Laval. Ce sont Jean Huot, du Département de biologie, Éric Bauce, du Département des sciences du bois et de la forêt, et Jean-Thomas Bernard, du Département d'économique.