Au fil des événements
 

9 septembre 2004

   

Université Laval

Étudier en étranger

Pas toujours facile de créer des liens sur le campus lorsqu'on vient d'un autre pays

par Renée Larochelle

Les étudiants étrangers qui séjournent à l'Université Laval trouvent parfois difficile de créer des liens significatifs allant au-delà des salutations et des petits services rendus avec les Québécois. Même s'ils les trouvent généralement aimables et ouverts, établir une relation chaleureuse avec les Québécois ne va pas nécessairement de soi pour eux. Peut-on parler de confort et d'indifférence de la part des hôtes? Une chose est certaine: l'étudiant qui choisit d'expérimenter un univers différent ne l'a pas toujours facile.

Telle est l'une des conclusions qui se dégagent du mémoire de maîtrise en service social de Nathalie Bourbeau portant sur la situation des étrangers à l'Université Laval. Intéressée par la réalité de cette population étudiante méconnue mais pourtant très présente, l'auteure insiste sur le fait qu'elle ne saurait étendre les résultats obtenus à tous les étudiants étrangers de l'Université. Elle rappelle que le but de sa démarche était d'explorer et de décrire la situation d'un groupe d'étudiants, en l'occurrence, 37 personnes, dont 23 femmes et 17 hommes provenant de 17 pays en majorité hispanophones. Si l'échantillon est mince, les conclusions élargissent pourtant l'horizon du savoir en ce qui concerne la vie de ceux et celles qui ont choisi de quitter leur pays - bravant parfois vents et marées - pour venir étudier à l'Université Laval.

Amour et compagnie
Au moment de l'enquête, effectuée à l'automne 2001, les participants séjournaient depuis un peu plus d'un an à l'Université. La majorité (78 %) résidait en dehors du campus; de ce nombre, 54 % vivaient seuls. Interrogés sur la façon dont ils voyaient l'amitié, moins de 30 % pensaient en avoir la même définition que les femmes et les hommes québécois. En ce qui a trait à l'amour, le pourcentage était encore moins élevé avec 21 % de personnes qui estimaient que leur perception de ce sentiment se rapprochait de celle des Québécois. Par ailleurs, 65 % des participants affirmaient être capables de décoder les différences culturelles dans les rapports homme-femme avec les Québécois.

Si la presque totalité des étudiants (97 %) disait comprendre et maîtriser les exigences des travaux scolaires et bien s'entendre avec leurs professeurs (94 %), ils étaient un peu moins à aimer la majorité de leurs cours (73 %). La Bibliothèque figurait au premier rang des ressources utilisées, suivie du Service des prêts et bourses, du PEPS, du Service de placement et de l'École de langues, pour ne citer que ces services. Plus de 40 % ont souligné n'utiliser aucun service. Invités à s'exprimer sur des aspects qu'ils aimeraient voir améliorer quant aux services offerts à l'Université, les répondants ont insisté notamment sur la courtoisie.

Parmi d'autres résultats, Nathalie Bourbeau a constaté que les étudiants ayant déjà étudié à l'étranger avaient plus de facilité à s'intégrer à l'Université. Elle se dit par ailleurs surprise du fait que, plus les étudiants prévoyaient étudier longtemps à l'Université Laval, moins ils semblaient être intégrés à un réseau de pairs. Enfin, le constat d'une certaine détresse psychologique se traduisant par des sentiments de découragement et de solitude chez les étudiants étrangers témoigne, selon Nathalie Bourbeau, de leur vulnérabilité et de leur besoin de support non seulement dans leur intégration à la vie scolaire et à un réseau de pairs, mais aussi à la société québécoise en général