Au fil des événements
 

12 février 2004

   

Université Laval

Duos pour automates

Le collectif Machines se produit ce soir au complexe Méduse. Abstractions sonores électroniques et surprises au programme!

Des improvisations entre des humains et des ordinateurs, des haut-parleurs mobiles, des sons imprévus: les amateurs de nouveauté vont être comblés lors du concert organisé par le collectif Machines ce jeudi12 février à 20 h 30 à la salle Multi du complexe Méduse, dans le cadre du "Mois Multi".

Épris d'art et de technologie, Philippe Pasquier, étudiant au doctorat en informatique à la Faculté des sciences et de génie, a imaginé un dispositif sonore hors du commun pour l'audition de ce spectacle. Ce spécialiste de l'intelligence artificielle et des sciences cognitives a en effet créé un plafond mouvant d'une vingtaine de haut-parleurs. Suspendus à environ 45 centimètres de la tête des spectateurs, ces appareils vont se promener le long d'un câble long de quelques mètres au cours de la soirée, grâce au petit moteur à hélices intégré qui les fait avancer.

«Il s'agit d'éveiller l'intérêt du public, de favoriser sa concentration. À ma connaissance, c'est la première fois qu'un tel système est présenté dans un concert», explique Philippe Pasquier. L'étudiant a passé plusieurs semaines à mettre ce système au point avec l'aide d'Avatar, un centre d'artistes spécialisé dans le son, et de Recto-Verso, en utilisant du matériel recyclé. Membre du collectif «Machines» qui travaille depuis trois ans sur la musique électronique, le jeune homme se passionne pour les alliances entre l'art et la technologie. Avec la complicité des autres musiciens du groupe, il a donc concocté un concert permettant de conjuguer les talents d'improvisateurs en chair en os avec ceux d'automates sonores tant analogiques que numériques.

Interface humain-machine
Présents sur scène, ces ordinateurs n'ont rien de vulgaires machines passives. Ils perçoivent les sons grâce à leur entrée audio, et surtout en développent de nouveaux à partir de la musique entendue. «L'automate détecte très bien les mesures, les attaques musicales et répond plus vite qu'un humain à ce qu'il entend, explique Philippe Pasquier. Il peut utiliser comme matériel sonore ce qu'il perçoit via son entrée audio, des sons qu'il synthétise lui-même ou ses propres échantillons.» Placés au centre de la salle Multi et entourés par les spectateurs, les artistes vont se livrer à des duos avec les automates. Des automates tous différents puisque chacun a été conçu par son propre luthier électronique. Ils ne réagissent donc pas tous de la même manière aux sons perçus, et chacun possède sa propre couleur musicale.

De leur côté, les improvisateurs en chair et en os travaillent aussi sur des machines, puisqu'ils enregistrent des sons sur ordinateur qu'ils modifient ensuite, ou produisent directement de la musique électro-accoustique, ou encore de la poésie sonore. «Il y a une certaine ouverture vers la musique populaire, un des musiciens par exemple utilise des percussions, mais d'une façon différente que peut le faire un percussionniste traditionnel», indique l'étudiant au doctorat

La soirée du 12 février s'annonce donc pleine de surprises sonores au 591, rue Saint-Vallier Est. Le coût d'entrée est de 10 $.

PASCALE GUÉRICOLAS