Au fil des événements
 

5 février 2004

   

Université Laval

Aux quatre jeudis

House, reggae, rythmes latinos, percussions, musique électronique: le Jah régulier s'éclate en février au Café des poètes

Lassés d'attendre après un lieu de rencontres musicales pour l'instant inexistant sur le campus, un groupe d'amis et de musiciens habitant les résidences a décidé de prendre les choses en mains. Dès le 5 février, le Jah régulier lance une série de soirées urbaines tous les jeudis au Café des poètes du pavillon Alphonse-Desjardins dès 19 h. Ambiance lounge, musique acid jazz, house, reggae, animation avec des D'J invités et divers musiciens, ces soirées veulent donner l'occasion aux membres de la communauté universitaire de se rencontrer et de découvrir les différentes cultures qui se côtoient sur le campus. En toute tranquillité.

C'est d'abord le manque de lieux où des musiciens pourraient improviser de concert qui ont frappé Heythem Tlili, étudiant en communication graphique, et Alain Joseph, étudiant à la maîtrise en aménagement du territoire à leur arrivée sur le campus il y a quelques années. Passionnés de reggae, ils ont commencé à taquiner des percussions dans une chambre aux résidences, puis attiré un bassiste, une guitariste, des percussionnistes, pour finalement se faire offrir un local de répétition. Voilà comment le noyau de Jah régulier, en référence au dieu des Rastas, a vu le jour l'hiver dernier. Interpellés par les manifestations contre la guerre en Irak, les musiciens ont ensuite offert leur première prestation publique sur le camion des organisateurs d'une des dernières marches pacifistes à Québec.

Un frein à l'isolement
"Depuis, on se produit régulièrement dans des boîtes de nuit de Québec, explique Alain Joseph, en invitant des D'J et en assurant les percussions. Mais il faut aussi jouer sur le campus, car on se rend compte que beaucoup d'étudiants sont isolés et ne sortent pas de leur chambre." "Dans les soirées au Grand Salon ou au Pub, c'est surtout le "boum boum" électronique et la musique Budweise qui jouent, on n'a pas l'occasion d'entendre du jazz, du reggae ou de la musique folk", renchérit Heythem Tlili. Le Jah régulier et les étudiants des résidences qui entourent cette formation musicale veulent donc donner droit de cité au house, au reggae, aux rythmes latinos, aux percussions, à la musique électronique en dehors des concerts de la rentrée ou des concours de type CONGA.

Ce groupe de passionnés investira donc le Café des poètes tous les jeudis de février, afin d'offrir une tribune non seulement aux musiciens, mais aussi aux créateurs de tout poil. Ainsi, les toiles de Jeff Lizotte, étudiant en communication graphique, accueilleront les premiers arrivants de la soirée, le 5 février, tandis que des photographes exposeront leurs oeuvres dans les semaines suivantes. Pour la première rencontre, les improvisations tourneront autour du reggae, de l'acid jazz et des musiques électroniques avec le concours des D'J. Par la suite, les organisateurs pourraient mettre sur pied des soirées de folk québécois, de musique arabe ou africaine, à l'occasion par exemple des activités autour du Mois de l'histoire des Noirs. Le but essentiel de ces jeudis particuliers demeure toujours le même: favoriser la rencontre entre les étudiants haïtiens, tunisiens, marocains, laotiens, américains, québécois, vietnamiens, français ou autres qui peuplent les résidences du campus et le Québec où ils demeurent.

PASCALE GUÉRICOLAS