Au fil des événements
 

16 octobre 2003

   

Université Laval

Castille amère

Les Treize proposent "La maison de Bernarda Alba", le chef d'oeuvre de Federico García Lorca

La Troupe de théâtre Les Treize présente La maison de Bernarda Alba, de Federico García Lorca, dans une mise en scène d'Érika Gagnon, les 16, 17, 18 et 19 octobre, à 20 h, à l'Amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Écrite en 1936, deux mois avant l'assassinat de Federico García Lorca par les forces franquistes, La maison de Bernarda Alba est considérée comme l'ultime chef d'oeuvre de ce grand poète et dramaturge espagnol.

Huit ans de deuil
Devenue veuve de son deuxième mari, Bernarda Alba impose à ses cinq filles, sa mère, sa bonne et sa servante, un deuil de huit ans, pendant lequel "l'air de la rue ne doit pas pénétrer" dans la maison. On est dans un village du sud de l'Espagne, dans les années 1930. C'est l'été. Il fait particulièrement chaud et sec. On étouffe et les cinq filles de Bernarda Alba étouffent, dominées par cette mère fanatique et castratrice. Âgées de 20 à 39 ans, les cinq jeunes femmes ne sont encore que des fillettes soumises à leur mère, ne connaissant rien du monde des hommes, n'ayant jamais réellement franchi les murs épais de cette prison. L'aînée, Angustias, est enfin fiancée avec Pepe, le plus beau garçon du village, qui ne veut d'elle que parce que c'est elle l'héritière. Les quatre autres doivent se résigner à une vie de vieilles filles, sans amour, sans air. Seule la plus jeune, Adela, osera défier sa mère et les conventions sociales afin de vivre, d'aimer et de devenir femme dans les bras de Pepe. Mais ce bonheur est éphémère. Comment se terminera l'intrigue? "Silence, silence j'ai dit. Silence!", nous lance l'implacable Bernarda.

Du théâtre pur
Érika Gagnon, une des meilleures comédiennes professionnelles de Québec, applaudie l'année dernière pour ses remarquables performances dans Impromptu au Théâtre de la Bordée et Le Colonel et les oiseaux au Trident, a voulu transmettre la parole de Lorca, sa quête de l'humanité et de liberté dans une Espagne écrasée par la religion, étouffant sous un soleil de plomb, se débattant comme un cheval fougueux pour tenter de s'affranchir des contraintes de l'injustice, des préjugés et de l'hypocrisie. "Pas de littérature, du théâtre pur", disait Lorca au sujet de cette pièce. La mise en scène et la scénographie permettent d'atteindre un niveau de simplicité et de sobriété contribuant à cette esquisse austère et sombre de la Castille tragique, sur un fond de musique et de rythmes flamenco. On a ainsi créé un spectacle dépouillé, un environnement scénique épuré afin de laisser aux comédiennes un espace intérieur large qui leur permet de s'arracher l'âme pour recréer l'humanité et le tragique de la maison de Bernarda Alba.

Avec Valéry Belzil, Marie-Pierre Bourget, Maude Boutet, Lisa-Valérie Caron, Vanessa Cadrin, Émilie Charpenet, Marie-Soleil Dion, Geneviève Drolet, Cathy Lachapelle, Nicole Pedneault, Marie-Claude Rochette, Cathy Savard, Monique Sobraquès, Michelle Therrien et la participation exceptionnelle d'Omar Fodil-Chérif, guitariste flamenco.

Les billets sont en prévente au coût de 10 $ au Bureau des activités socioculturelles (BASC), au local 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins, et sur le réseau Billetech (12 $ à l'entrée).