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16 octobre 2003

   

Université Laval

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L'université au coeur du développement mondial?

Dans les pays en développement, un défi parmi les plus imposants demeure l'élaboration et le maintien de systèmes d'éducation autonomes, qui puisent au maximum dans les ressources locales. Non qu'il faille négliger l'apport des intervenants étrangers et de la coopération internationale, mais la nécessité s'impose de garder chez soi les "cerveaux", au lieu de les voir fuir sous des soleils plus stimulants.

Il s'agit là d'une interrogation de base du rapport de la Banque mondiale venant d'être publié par les PUL sous le titre Construire les sociétés du savoir: nouveaux défis pour l'enseignement supérieur. Par cette étude, l'organisme entendait d'abord résumer et analyser ses propres expériences dans le champ de l'enseignement supérieur, après avoir consulté un vaste échantillon de spécialistes, d'administrateurs et de praticiens. Il en ressort l'opinion selon laquelle l'enseignement supérieur est un noyau du développement global des nations, plutôt qu'un simple résultat de l'accroissement de la richesse.

Selon le préfacier de l'édition française Gilles Breton (professeur de science politique et directeur du Bureau international de l'Université Laval), ce questionnement refléterait un profond changement de stratégie pour la Banque, dont les précédents rapports marginalisaient carrément la question de l'enseignement supérieur. "Nous autres universitaires, écrit Breton, nous réjouissons de voir la Banque mondiale mettre son expérience et ses moyens au service d'une stratégie promouvant une mise à disposition équilibrée des connaissances pertinentes pour tous les pays en développement prêts à s'y consacrer."

Le rapport promeut donc le paradigme d'une économie du savoir, idée selon laquelle le développement économique ne peut contourner celui de l'éducation supérieure. Tout en détaillant ce postulat, les auteurs de l'étude tentent d'éclaircir les trajets qu'emprunteront divers pays, ainsi que leurs interactions avec les organismes de développement.

On s'étonnera moins de voir ce livre publié aux Presses de l'Université Laval en se souvenant que son contenu avait fait l'objet, l'an dernier, d'une présentation lors d'un colloque organisé chez nous par la Banque mondiale elle-même: "Globalisation: quels enjeux pour les universités?" C'est d'ailleurs Gilles Breton, accompagné de Michel Lambert, qui a sélectionné et réuni certaines des interventions effectuées lors de cette rencontre, ce dont on retrouve aussi le résultat aux PUL avec Globalisation et universités, Nouvel espace, nouveaux acteurs.

Dans la première de ses cinq sections, ce deuxième ouvrage envisage lui aussi le point de vue des institutions internationales. On positionne ensuite les universités dans le contexte de la dite globalisation, avant de revoir leur lien avec la connaissance grâce aux contributions de Bernard Pau et de Riccardo Petrella. Alors que la quatrième partie reprend l'idée de globalisation en lui adjoignant celle de développement, la dernière aborde plus spécifiquement la question des "acteurs". De "l'université entrepreneuriale" à l'université pour adultes, on tente ici de voir quelles mutations durables pourraient être à l'uvre.

THIERRY BISSONNETTE